vendredi 15 mai 2009

Pire que la grippe porcine / Worse than Swine Flu

(english version below)

Cela fait maintenant 2 ou 3 semaines que l’on entend quotidiennement des nouvelles sur la grippe aux noms multiples. On l’appelle grippe « mexicaine » (mais le Mexique a protesté), ou grippe « porcine » (mais les porcs ont protesté), ou encore grippe « A », ou « H1N1 ». Mais les médias oublient de parler d’une autre maladie qui est bien pire que cette grippe !

- Cet autre mal est très répandu, il peut même être contagieux, mais une grande partie de la population a des prédispositions génétiques et éducatives pour en être infecté.
- C’est un mal sournois, car souvent indécelable, même si ses effets sont puissants. On peut tout à fait passer des années à en souffrir sans savoir que ce mal en est la cause.
- Il est capable de vous réveiller au milieu de la nuit, de causer des insomnies répétées.
- Il agit sur l’humeur, causant stress, angoisses et dépressions.
- On peut en mourir, car il provoque surmenage, burn-out, et ulcères d’estomac.
- Lorsque ce mal est développé, il aboutit à une paralysie partielle ou totale.
- On n’a actuellement trouvé aucun médicament pour y faire face.

Mes amis, ce mal terrible est réel, il s’appelle…perfectionnisme !

Relisez les symptômes, et vous verrez que je n’affabule pas.
Le perfectionniste veut tout faire parfaitement. C’est sa qualité et son plus grand défaut. Car nous sommes tous imparfaits, mais le perfectionniste ne peut pas l’accepter.
Et donc le perfectionniste cultive l’esprit d’insatisfaction. Il n’est jamais satisfait de son travail, de lui-même, des autres. Mais surtout pas de lui-même.
Les compliments et les marques d’appréciation lui sont insupportables, ils ne font que lui rappeler combien ce qu’il a fait est en dessous de ce que cela devrait être.
Et le pire, c’est qu’il désire tellement faire quelque chose de parfait qu’il ne commencera que lorsqu’il sera convaincu qu’il y arrivera. Et donc le temps passe, il se prépare, encore, et encore, et cela peut durer indéfiniment. Il est même capable de laisser tomber s’il arrive à la conclusion que cela ne sera pas assez parfait. Sa devise : « Mieux vaut ne pas faire du tout que de faire imparfaitement. » Je l’ai dit, ce mal aboutit à la paralysie !

Il se trouve que je fais partie d’un des nombreux cas recensés de cette maladie. Mais dimanche dernier, je ne sais pas quel miracle, la maladie a brusquement reculé. Avec l’échéance de cet automne qui approche, j’ai brusquement décidé (alléluia !) que je ferais de mon mieux et que ça suffirait. Comme par hasard, j’ai passé toute la journée à enregistrer. Et le pire, c’est que j’ai été content du résultat. Pourquoi avais-je attendu si longtemps ? Oh, ce perfectionnisme, quelle plaie !

La société nous enseigne la loi de la jungle : si nous ne sommes pas les meilleurs, les plus performants, les plus plus plus, alors nous serons jetés à la poubelle. Jésus-Christ fait le contraire : il reçoit les imparfaits, les stressés, les ratés, même les perfectionnistes, et leur pardonne jusqu’à leur dureté envers eux-mêmes.

Alors je me détends, car encore une fois je me rends compte que je n’ai pas besoin d’être parfait pour être aimé. J’ai juste besoin de savoir que Dieu m’aime pour le devenir.

OoooooooooooooooooooooO

It has been 2 or 3 weeks that we hearing daily news about this multiple-named flu. Some call it “Mexican flu” (but Mexico protested), some call it “swine flu” (but the pigs protested), and some call it “A” or “H5N1”. But the media forgets to talk about another disease that is far more dangerous than this flu!

- This other disease is very common, it can even be contagious, but a good portion of the population is genetically programmed to be infected.
- It is a very cunning disease, because it often goes unnoticed, even if its effects are powerful. One can spend years suffering from this disease without knowing it is the cause of their
problems.
- It can wake you up in the middle of the night, and it can cause frequent insomnia. It has an impact on mood, causing stress, anguish and depression.
- One can die from it because it brings exhaustion, burn-outs and stomach ulcers.
When this disease is fully developed, you end up with partial or full inability to move.
- There currently seems to be no medication against it.

Friends, this terrible disease is very real, it is called…perfectionism!

Read the symptoms again, and you’ll see I am not just telling stories. Perfectionists want to do everything perfectly. It is their quality and their greatest weakness, because no one is perfect, but perfectionists refuse to accept this. So perfectionists cultivate a spirit of dissatisfaction. They are never satisfied with their work, themselves, or others. But they are especially dissatisfied with themselves.
Compliments and signs of appreciation are unbearable, because they only remind them of how far they are from what they should be.
The worst of all is that perfectionists’ desire of doing things perfectly is so strong that they will only begin doing things once they are convinced they can. So time flies, they get prepared again, again and again, and it can last forever. They can even give up if they think they will fail. Their motto is: “Better not to do something at all than doing it imperfectly”. As I already said: this disease can lead to disability!

I confess that I am part of this group. But last Sunday it seems that something happened. The disease suddenly stepped back. With the CD release date approaching, I decided (Hallelujah!) that I would give my best and it would have to be enough. Oddly enough, I spent the whole day recording. The worst thing is that I was even happy with the result! Why did I wait so long before doing this? Perfectionism is a real curse!

Society teaches us the survival of the fittest: if you are not the best, the most efficient, the most whatever, then you will be thrown into the bin. Jesus Christ does the contrary: he welcomes imperfect, stressed, failed people, and even perfectionists! He goes as far as forgiving them of how hard they’ve been with themselves.

So I try to relax and remember that I don’t need to be perfect to be loved. I just need to know I am loved by God to become perfect – even with all my imperfection.

lundi 6 avril 2009

Le clip vidéo / The Video clip

(English version below)

Dans un post précédent, j’avais parlé de projets dont je dirais plus s’ils se confirmaient. Etant donné que ça se met en place, je peux maintenant parler du clip vidéo.

Alors que je n’étais qu’un petit blanc promenait ses pieds nus sur les pistes de la brousse Camerounaise, mon grand-père avait ramené d’Europe tout un arsenal de matériel audio-visuel pour commencer des émissions de télévision là-bas. Papico (c’est comme ça qu’on l’appelait avec mes sœurs) m’a toujours fasciné de ce côté-là. Féru de technologies, il était constamment à la pointe de l’innovation. Dans les années 60, il avait monté un studio de radio à Yaoundé pour enregistrer des émissions diffusées chaque semaine sur la radio nationale. J’utilise encore aujourd’hui pour mes concerts l’un de ses micros, qui date donc des années 80. C’est dire s’il utilisait du bon matériel ! Lorsque la retraite est arrivée, plutôt que de s’installer dans leur pays natal (la Suisse), mes grands-parents sont retournés au Cameroun pour continuer à servir leur pays d’adoption en tant que missionnaires. C’est là que Papico avait eu ce projet d’émissions de télévision.

Après quelques années, la maladie a rattrapé mon grand-père qui a dû être rapatrié. Alors que je fouillais leurs cartons, je suis tombé sur la caverne d’Ali-Baba : caméras, banc de montage, câbles, lumières, micros, moniteurs, etc. Un matériel incroyable. Comme on n’avait pas la télévision dans notre petit village de brousse, j’ai décidé que je pouvais toujours en créer une. Et donc j’ai commencé à emporter la caméra partout où j’allais, restant parfois des heures à l’affut dans la forêt pour saisir tel ou tel animal. Ca a été le début d’une longue histoire d’amour avec la vidéo et le cinéma. A 14 ans j’avais réalisé un documentaire sur le Cameroun, que j’ai envoyé à mes grands-parents, et à 18 j’ai présenté en option au bac un film tourné avec l’aide de toute la famille. Au bout d’un moment, j’en étais venu à avoir une caméra à la place de l’œil, toujours à l’affut de décors, de scènes et de plans.

Après le bac j’ai tenté d’entrer dans une école de cinéma, et finalement je me suis retrouvé à étudier l’anglais, l’économie et le chinois à l’université. C’est une longue histoire…toujours est-il que le cinéma et la réalisation sont toujours restés une passion enfouie quelque part au fond de moi.

Alors que je préparais le projet du 2e CD, une idée de scénario m’est venue sur l’une des nouvelles chansons. En entendant la musique, j’ai vu un film défiler. En y réfléchissant bien, je me suis dit qu’un clip vidéo était une manière idéale de retrouver mon ancienne passion. De format court, lié à la musique, le clip vidéo permet de raconter des histoires de manière très dense et très schématique, et d’explorer des émotions directement à l’image. J’ai donc écrit le scénario, et un jour que j’étais avec un ami caméraman, je lui ai parlé du projet. Après avoir entendu la chanson, il a été emballé par le projet. Alors…c’est décidé, on le fait!

La suite dans le prochain post…

(images du court-métrage "Jérôme K. Jérôme Bloche, héros en voie de disparition", réalisé pour le bac)
(pictures of the short film I did for the end of high school)

In a previous post, I talked about some projects I would describe more if they were confirmed. Given it seems it is the case for this one, I can now talk about the video clip.

When I was just a little white boy walking bare feet on the paths of the Cameroonian bush, my grand-father had brought a complete video set to start television broadcasts there. Papico (this how we called him with my sisters) always fascinated me with this. As a fan of technology, he was always up-to-date. Back in the 60’s, he had created a recording studio in Yaoundé to create broadcasts on the air every week on the national radio. I still use one of his 20 years-old microphones in my concerts. This shows the quality of what he had! When he retired, instead of settling in their native country (Switzerland), my grandparents returned to their country of adoption to keep on serving there. This is when Papico had his project of television broadcasts.

After a few years, my grand-father became sick and he had to go back in Switzerland. As I was searching in their stuff, I came across the Ali-Baba treasure: video cameras, editing set, cables, lights, microphones, monitors, effects, etc. Incredibly valuable equipment. We did not have television in our small village, so I decided I could start one of my own. So I started bringing the camera along everywhere I went. Sometimes I stayed for hours on the lookout for animals. It was the beginning of a long love story with video and cinema. At the age of 14 I produced a documentary on Cameroon that I sent to my grand-parents. When I was 18 I produced a 20-mn fiction with my whole family as technicians and actors. There was a time when I was so passionate that I almost had a camera instead of my eyes.

After the end of high-school, I attempted to enter a cinema school, and I ended up studying English, economy and Chinese at the University. It is a long story…but cinema and film direction always remained a passion deep inside, even if did not have the occasion to exercise it.

As I was working on the recordings of the second CD, I had an idea of a scenario that could fit with one of the new songs. When I heard the music, I saw a film in my mind. After some time I gave it a second thought, and I realised a video clip would be a perfect way to exercise my old passion again. Because of its format, a video clip allows to tell stories in a very dense and schematic way. It is a powerful way to convey emotions through the screen. So I started writing the scenario, and one day, I told it to a friend of mine who is cameraman. When he heard the song and the story, he was very enthusiastic about the project. So it’s decided, we go for it!

More in the next post…

vendredi 27 mars 2009

La Cabane / The Shed

(English version below)

Re-retour du blog. Décidément, pas facile de trouver du temps pour écrire quelques mots ! Cette semaine, une devinette : Peut-il y avoir une relation entre les cabanes et les enregistrements en studio ?

J’ai toujours été passionné par les cabanes. Ca se construit avec tout et presque rien. Quand ce n’est pas avec des branches d’arbre, quelques chaises avec une couverture deviennent comme par magie la maison de Robinson Crusoë ! Même si la Rolls des cabanes reste, et restera toujours la petite maison que mon oncle avait construite dans un arbre pour mes cousins. Il y avait une échelle, des escaliers, un balcon, des fenêtres…le rêve !

Je me rappelle avoir eu une révélation quand je me suis rendu compte que les adultes, c’était juste des enfants qui avaient grandi. Il reste toujours au fond de nous cet appétit d’imaginaire, d’aventure, d’histoires qu’une simple cabane peut réveiller. Dernièrement, les besoin du projet CD m’ont amené à construire une cabane, et j’y ai retrouvé toutes ces sensations.

Avec des charnières, mes panneaux de laine de roche sont des murs très facile à monter et démonter. Avec deux bâtons et une vieille couverture de laine, j’ai ma cabane ! Attention, elle est équipée de tout le confort nécessaire : tapis, chaise, et…la télé ! D’accord, c’est juste un écran d’ordi, mais bon…

Le studio « la Cabane » est donc officiellement terminé. Grâce à cet abri, je peux enregistrer avec un son acoustique propre, non pollué par les réverbérations causées par les murs. De plus, ma vieille guitare ayant trouvé une seconde jeunesse dans les mains d’un luthier de Genève, c’est un régal de jouer sur ces cordes neuves et ce manche tout propre. J’ai donc pris une semaine de congé pour m’installer dans ma cabane, et les enregistrements ont enfin avancé. Donc cette année, pas de colo, pas de camp-meeting, ça me donne quatre semaines de congé supplémentaire. Sur cinq semaines de congés par an, ce n’est pas négligeable…

La prochaine fois, je parlerai sûrement du projet de…clip vidéo. Si, si, c’est très sérieux !

A suivre…


Re-return of the blog. Wow, it is not easy to find time to write just a few words! Today I have a riddle for you: can there be a link between sheds and studio recording?

Sheds have always been a passion for me. You can build one with everything, and almost nothing. When you don’t have tree branches, a few chairs and a blanket suddenly become the house of Robinson Crusoë! However, I must admit that the shed of my dreams will always remain the little house my uncle had built in a tree for my cousins. There was a ladder, stairs, a balcony, windows…what a dream!

I remember it was quite a revelation for me to realise that adults were only grown-up children. Deep inside of us all remains this hunger for adventure and imaginary stories. A little shed can wake all this up. Recently I had to build a kind of shed for the needs of the recordings. It brought all these feelings back!

With hinges, the rockwool boards become walls very easy to set up and dismantle. With two wodden sticks and an old blanket on it, it suddenly becomes a house! What’s more, it has all the modern equipment: carpet, chair and…TV! Well almost. It is only a computer screen but hey…

The “Shed Studio” is officially finished. Thanks to this shelter, I can record a very clean sound, without the walls reverb. Moreover, my old guitar had a kind of second birth in the hand of a stringed instrument maker from Geneva. It is such a pleasure to play on these new strings and this clean neck. So I took a one-week vacation to settle in my little shed, and some additional music was recorded at last. So this year I will not participate in the usual summer youth-camps and camps-meeting, it allows me to have four additional weeks of holiday. It’s quite some time on the five vacation weeks I have per year…

Next time I’ll certainly share about the…video clip project! I’m serious!

To be continued…

vendredi 26 décembre 2008

Le Pudding de l’Espoir / The Pudding of Hope

(english version below)

La dernière fois, c’est le projet qui changeait d’orientation, maintenant c’est…le studio ! Deux heures d’installation avant de pouvoir commencer à enregistrer, c’est trop long. Donc je change de système ! Des nouvelles en images dès que c’est fini !

En attendant, avec cette fin d’année je me rends compte que ce blog était déjà là Noël dernier. Le temps passe si vite ! Cela m’a fait penser à une histoire. Dans mon précédent billet, j’ai dit : « un projet, c’est comme un pudding de Noël : plus c’est vieux plus c’est bon. » C’est l’occasion rêvée pour une petite explication.

Dans ma famille, le « Christmas pudding » est une tradition annuelle. Ce serait renier nos origines anglaises que d’y couper. Et donc, à chaque Noël, nous mangeons ce petit gâteau rempli de fruits confits, tout chaud du four, nappé (ou noyé, ça c’est plutôt mon goût) de « custard cream », une crème blanche à la vanille. Mmmh…Il y a quand même du bon d’avoir des racines anglaises. Même pour la cuisine. Si, si.

Lors d’une de ces cérémonies familiale, ma grand-mère nous a raconté une histoire. Au début de la Deuxième Guerre Mondiale, alors qu’il n’y avait pas encore de rationnement, sa mère avait confectionné un pudding de Noël. Même s’il contient de la farine, le pudding est essentiellement composé de fruits secs. Il faut généralement le préparer bien à l’avance, pour que les fruits se confisent. Pas besoin de conservateurs, le sucre dégagé par les fruits suffit à conserver le gâteau. Donc pas besoin de frigo non plus. C’est pour ça que j’ai toujours entendu que plus le pudding a de l’âge, meilleur il est. En France on dit ça du vin.

Puis la guerre a éclaté, et les bombardements sur Londres ont commencé. A chaque fois que les sirènes hurlaient, il fallait tout laisser en plan pour courir se réfugier dans l’abri au bout du jardin. A cause du blocus, toutes les pelouses et les jardins publics furent transformés en cultures de légumes et de céréales pour tenir le coup. Les Anglais ont montré beaucoup de courage et de solidarité pendant cette guerre. Ce furent de longues années hors du commun pour ma grand-mère, qui en gardé beaucoup de souvenirs.

Et un jour, après six années de guerre, vint le débarquement, et la capitulation. Ma grand-mère avait 15 ans, et la guerre était finie. Pour fêter l’évènement, mon arrière-grand-mère est alors allée chercher le pudding. Pendant toutes ces années, elle avait précieusement gardé le gâteau en prévision de ce jour. Cette gourmandise était le signe que les jours sombres étaient désormais passés. Ma grand-mère est encore vivante pour le raconter aujourd'hui, donc il faut bien admettre que ce vieux pudding ne les a pas tués.

Cette histoire reste en moi comme un symbole d’espérance. L’Espoir, c’est bon comme ce pudding, c’est frustrant de devoir attendre d’en profiter, et c’est gardé précieusement en prévision du jour où, enfin, ce que l’on espère devient réalité. On pourrait aussi l’appeler le pudding de la foi.

Donc même si j’aime la musique,
même si je suis tout fou et tout excité à chaque fois qu’on monte dans les voitures avec le groupe et qu’on part en voyage pour aller faire un concert,
même si je jubile à la naissance (souvent douloureuse) de chaque nouvelle chanson,
…tout cela n’aurait aucun goût si je ne portais en moi ce pudding de la victoire, cet espoir d’un monde meilleur, plus équitable et plus fraternel.

Cette année ne nous a pas forcément donné beaucoup de preuves d’améliorations, alors…Ne perdons pas l’espoir, gardons-le comme un bon vieux pudding…en prévision de la libération!

Joyeux Noël et Bonne Nouvelle Année! :)

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Last time I wrote that the project was changing direction, now it is the case for…the studio ! Two hours of installation and plugging before being able to record is way too long. So I change the system. I’ll post news and pictures as soon as it is finished.

In the meantime, this end of year reminds me that this blog was already there last Christmas. It makes me think of a story. In my last post, I said that a project was “like a Christmas pudding – the older the better”. I thought this quote deserved an explanation. In my family, the “Christmas pudding” is a strong tradition. It would be unfair to our British origins if we did not do it. So, every time we celebrate Christmas we eat this little cake, full of dry fruits and glazed with custard cream (or preferably drowned into it). Yummy! There are advantages with having English roots. Even for food. No kidding!

In one of those family gatherings, grandma told us a story. At the beginning of the Second World War, when rationing was not yet imposed on food, her mother had cooked a Christmas pudding. Even if it contains flour, it is essentially made out of dry fruits. One must generally cook it quite in advance for the fruits to have time to crystallize. No conservative is needed, because the sugar from the fruits plays this role. It is not even necessary to put it in the fridge. This is why I always heard that the older the pudding, the better. In France we say that about wine.

When the War bursted out, air raids started bombing London. Every time my grandmother heard the air-raid sirens, she had to stop everything and run into the shelter at the bottom of the garden. Because of the blockade, gardens and parks were transformed into vegetables fields and cereal cultivations. My grandmother tells that English people showed much courage, dignity and solidarity during the war. These years are still vivid in her memory.

One day, after six years of war, came D-Day, and Germany’s capitulation. My grandmother was 15 and the War was finally over. To celebrate the event, my great-grandmother went and took the old Christmas pudding. During all these years, she had preciously kept the cake hidden somewhere in anticipation of this day. Eating this sweet Christmas pudding was the sign that the long dark days of war were over. My grandmother is still alive today to tell the story, so I have to witness the old pudding did not kill them.

I see a symbol of hope in this story. Hope tastes as good as a sweet cake, it frustrates you because you have to wait, and it is preciously kept until the day when, at last, what we hope for becomes reality. In that respect, one could also call it the "pudding of faith".

So even if I love music,
even if I’m completely crazy and excited when we get together in the cars with the band and we travel to perform a concert,
even if I’m delighted at every (however painful) birth of a new song,
…all this would have no taste if I did not bear this pudding of hope within me, believing in a better, more equal and friendlier world.

This year did not necessarily brought many proofs of progress, so…Let us not lose hope, may it be like a precious old good pudding…until freedom comes!

Merry Christ(mas) and Happy New Year! :)

dimanche 14 décembre 2008

L'Histoire Sans Parole / The Speechless Story

J'ai dû changer les mécaniques de ma guitare. Pour cela, il a fallu que je prenne la perceuse et que j'agrandisse des trous...l'angoisse!!! Voilà ce que cette expérience traumatisante peut causer. J'ai nommé: l'Histoire Sans Paroles.

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I needed to change my guitar's machine heads. To do so, I had to take a drill and widden the holes...argl!!! Here is what this traumatising experience can cause. Ladies and gentlemen: The Speechless Story.

OooooooooooooO

lundi 8 septembre 2008

Le blog est de retour! / the blog is back!

Seance de travail avec le groupe

(english version below)

Après un été de pause, le blog recommence! Pour l'instant les enregistrements sont aussi en pause à cause d'un emploi du temps trop chargé (concerts, camps, mariages...). Comme je ne peux y travailler que les week-end, ça restreint pas mal le temps.

C'est très très frustrant. Mais ça a un avantage: c'est comme un pudding de Noël - plus c'est vieux plus c'est bon. Si, si. Donc le temps permet d'affiner la chose. L'été m'a permis de laisser le projet s'affiner dans ma tête, et ça m'a donné des idées.

La première chose, c'est que le CD va changer d'orientation. J'aime penser les chansons d'un album comme un tout lié par un fil rouge. J'avais pensé l'appeler "Parabolic", parce que la plupart des chansons racontent des histoires que l'on peut comprendre de plusieurs façons. Mais je me suis rendu compte qu'il y avait un autre fil rouge bien plus évident. Toutes mes chansons parlent des liens, des relations, de l'amitié, de la solitude. En prenant du recul, c'est un thème bien plus cohérent avec les réflexions qui ont mené à ces chants.

Conséquence, des chansons sortent du projet et d'autres y rentrent. Je ne pensais pas y mettre ma nouvelle chanson, que j'ai renommé "Tout cela pour...", mais la réflexion sur le lien et la solitude en font naturellement le titre phare du CD. La pierre rejetée devient la principale :) .

Deuxièmement, et troisièmement, et…bref, l'affinage du CD a donné naissance à d'autres idées...des bonus...Mais je n'en dis pas plus pour l'instant. Il faut bien entretenir un certain suspense – et je veux être sûr que ça va se réaliser avant d’en parler.

Bref, plein d'idées la tête. Je me réjouis d'avance de m'y remettre!

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After the summer pause, the blog is back ! Recording are in standby because of an overloaded schedule (concerts, youth meetings…). Given I can work on the CD only in week-ends, my available time is short.

It is very frustrating. But it has its good side: it’s like a Christmas pudding – the older the better. No kidding. Time allows to mature things. The summer break gave me time to think about the project, and some ideas came up.

First, the CD’s direction changes. I like to think of an album as whole, and songs are linked to each other by a common theme. At first I thought I would call it “Parabolic” because most songs tell stories that can be understood in different ways. But considering all the songs, I realised there was a more obvious theme. All these songs talk about links, bonds, relationships, friendships, and loneliness. Taking a step back, this theme corresponds a lot better to the thoughts that led to the composing of these songs.

As a consequence, some songs leave the project and some others come into it. At first I did not plan to add my new song (“All of this for…”) to the album, but the reflections about relationships and loneliness naturally pushed it to become the main title of the CD. “The rejected stone became the main one” 

Secondly, and thirdly, and…well, the maturing of the CD gave birth to other ideas…bonuses…I don’t tell more for the moment. Here must be a reasonable amount of suspense – and I want to be sure these idea will come true before talking about them.

In short, there are plenty of ideas in the head. I am looking forward to recording again!

lundi 30 juin 2008

Albania


(English version below)

Il y a un mois, j'ai été invité à chanter en Albanie. C'était une expérience très forte en découvertes, en surprises et en partages. L'Albanie est un pays étonnant.
Pour le pays, j'y ai retrouvé un peu de la Corse: une étroite plaine coincée entre une côte de sable et les montagnes.
Pour la conduite en ville, j'y ai retrouvé l'Afrique: les feux rouges sont en option, passe celui qui s'impose le plus.
Pour les panneaux publicitaires, j'y ai trouvé la mondialisation en marche.
Et pour le reste, j'y ai trouvé l'Albanie. C'est un pays qui se reconstruit après l'une des dictatures les plus dures du communisme, et une quinzaine d'années de transition difficile. Mais depuis peu de temps, le pays se transforme complètement. Le gouvernement fait beaucoup d'effort pour se mettre aux normes européennes dans l'espoir d'entrer dans la Communauté. Et tout (presque) est neuf ou en construction. L'aéroport, les routes, les maisons.
Et puis, il y a les gens. Chaleureux, accueillants, et passionnés, comme dans le Sud.
Ah, oui. J'y ai aussi trouvé la famille Romain, celle qui m'a invité et accueilli. Comme le sont les familles missionnaires (j'en connais quelque chose), on y collectionne les langues, les cultures, les expériences, et les voyages. Sylvain est français, mais il a passé énormément de temps en Allemagne, où il a épousé une Croate, et leurs deux enfants Sophie et Silas ont grandi en Allemagne, en France et en Turquie. Ici, la terre semble soudain plus petite.

Cela me rappelle une phrase d’un livre où toutes les phrases commencent par : « Vous savez que vous êtes un enfant de missionnaire quand… »
Et la dernière phrase du livre, c’était :
« …quand le seul endroit que vous appelez "chez moi", c’est le ciel ».

Voilà, maintenant je sais où est l'Albanie / There it is, I know where Albania is now...

Tirana - avec le drapeau rouge de l'aigle à deux têtes de l'Alabanie / Tirana - with the red flag on which is printed the double-headed eagle of Albania.
La famille Romain - de gauche à droite, Silas, Liliana, Sophie et Sylvain

A month ago, I was invited to sing in Albania. It was a wonderful experience, full of discoveries, surprises and fellowship. Albania is a surprising country.
Concerning the landscape, I could find some of Corsica in it: a narrow plain stuck between beach and mountains.
Concerning driving in the city, I could find some of Africa in it: red lights are only optional, the stronger goes first.
Concerning advertisement, I could find globalization.
And for the rest, I could find Albania. It is rebuilding itself after one of the worst communist dictatorship and about 15 years of difficult transition. But recently the country transformed itself completely. The government makes a special effort in order to enter the European Union. And everything (almost) is either new or in construction. Airport, roads, houses.
And here comes Albanian people. Warm, welcoming, passionate like in southern France (or even Corsica).
Oh, yes, I also found a wonderful family there: the Romain, who invited me. Like it can be in missionary families (I know something about that), they collect languages cultures, experiences, and trips. Sylvain is French, but spent most of his time in Germany, where he got married to a Croatian woman, and their two children, Sophie and Silas grew up in Germany, France, and Turkey. Here the earth seems a lot smaller.

It reminds me of a sentence in a book where all phrases began by : “You know you are a missionary Kid when…”
And the last line in the book was :
“…when the only place you call home is heaven.”