vendredi 28 août 2009

Une semaine d’enregistrements (1/3) / A week with recordings (1/3)

(English version below)

Je suis dans le train de retour de Paris. De grands champs parsemés de tâches de forêt défilent à la fenêtre. Je suis épuisé, mais content de cette semaine. La vie est une formidable aventure que j’apprends petit à petit à mordre à pleine dents. En pensées je remercie Dieu pour ce miracle du souffle de vie qui est en nous. C’est une belle chose que de pouvoir rêver, agir, penser, rire, pleurer, ressentir...vivre.

Il faudra plus d’un post pour raconter cette semaine très riche. Je ne trouve pas de mot pour décrire mon étonnement devant la manière dont les choses se sont mises en place. Il y a à peine un mois, j’hésitais à lancer un enregistrement de cordes, face à la difficulté de la tâche. Puis j’ai lancé l’idée auprès de quelques amis avec qui j’ai l’habitude de jouer à l’église. Devant leur enthousiasme, je ne pouvais plus reculer. On a donc trouvé une date. Et la course à la préparation a commencé.

Il me fallait tout le matériel technique pour l’enregistrement, je n’avais presque rien. J’étais sur le point d’aller le louer quand j’ai reçu un mail d’Hervé Dufournet, technicien à Radio Semnoz, à Annecy. Qui ne tente rien n’a rien...je lui demande donc s’il peut me prêter un peu de matériel, il me répond : « J’ai tout ce qu’il te faut, tu as besoin de quoi ? » En rentrant d’Annecy lundi matin, j’avais dans le coffre sept micros extraordinaires, une carte son, des câbles, trois casques et un ordinateur. Quelle confiance !

Je cherchais quelqu’un pour s’occuper de l’ordinateur pendant que je dirigeais l’orchestre, quand Dolson m’a dit qu’il avait déplacé une journée de travail pour être présent toute la journée. J’ai donc un ingénieur du son…Je me sens tout petit face à toutes ces personnes extraordinaires qui me donnent tant. L’aventure est belle parce qu’on la vit ensemble...

Nous avons donc commencé les répétitions avec les cordes. Je n’ai pas trouvé mon huitième musicien, j’ai donc eu un orchestre de sept instruments : cinq violons et deux violoncelles. Ils ont tous été d’un engagement formidable et d’une grande patience. Ensemble nous avons corrigé la partition, ils m’ont appris la langue de l’orchestre : légato, lié, détaché, staccato, crescendo, piano, forte…je ne sais pas si c’est assez pour commander une pizza dans un resto en Italie, mais j’essaierai un jour.

Enfin est arrivé le jour J. Le jour de réaliser un rêve. Et le jour d’exercer le calme et la sérénité. En effet, à peine étions-nous installés que la douce mélodie d’une tronçonneuse a commencé un solo. Un coup d’œil dehors m'a permis de voir (ô joie! ô désespoir!) que j’ai trouvé mon huitième musicien. Il n’est pas venu seul, le bougre, il a invité un tractopelliste : à côté de l’église, des ouvriers s’activent autour d’une tranchée. Une rapide écoute dans le casque me le confirme : on entend tout. Vive les bons micros. Les musiciens me regardent...

(A suivre...)

OoooooooooooooO

I am in the train back from Paris. I can see wide fields and forests through the window. I am exhausted, but happy of this week. Life is a wonderful adventure which I gradually learn to grasp and experience at its fullest. I thank God for the miracle of life we have in us. It is a beautiful thing to be able to dream, act, think, laugh, cry, feel…live.

I’ll need more than a post to tell the story of this week. I can’t find the words to describe my wonder regarding the way everything organised itself. Hardly a month ago, I hesitated to start the project to record strings, because it would be difficult. Then I told about it to some friends with whom I’m used to play at church, and then I could not go backward anymore. So we decided found a time and a place to do it.

I needed quite a good sound system to record the strings, and I had almost nothing. I was about to hire it when I received a mail from Herve Dufournet, who is a sound engineer at Radio Semnoz, at Annecy. Why not trying? I asked if he could lend me some audio equipment, he answered straight away: “I have everything you need. What do you want?” When I came back from Annecy on Monday morning, my car was loaded with wonderful microphones, sound card, headphones, cables and a computer. Incredible!

I also needed someone to take care of the computer while I directed the orchestra, when Dolson told me he had arranged with his work to have a the whole day to be with us. So I had a sound engineer…I feel so small when I witness all these wonderful people who give me so much. Adventure is so beautiful when experienced together.

So we started rehearsals with the strings. I had not managed to find the eighth musician, so I had a 7-people orchestra: five violins and two cellos. Their commitment and their patience was admirable. Together we corrected the scores, and they taught me the language of an orchestra: legato, staccato, crescendo, forte…I don’t know if it is enough to order a pizza in an Italian restaurant, but I may try one day.

Then came D-Day. I was about to fulfil a dream. I actually was about to exercise calm and self-control. As a matter of fact, we had almost started when the sweet melody of a chainsaw started performing a solo. One look outside allowed me to confirm that I had found the eighth musician. Moreover, he was not alone, for he had brought a mechanical excavatorist to play the bass. Just beside the church, building workers were digging a trench. I quickly took the headphones and there it was: everything could be heard. Go with good mics! The musicians looked at me...

(To be continued...)

vendredi 21 août 2009

Ecrire des chansons (4) / writing songs (4)

Jon foreman / chanteur et compositeur / singer and songwriter

(english version below)

C’est un moment redoutable que de faire écouter une chanson fraîchement composée pour la première fois. L’artiste joue la chanson en scrutant les réactions du visage…puis, au dernier accord, il se met en position de défense en attendant la délivrance ou la peine de mort. L’artiste est au bord de la crise de nerf. Tâche redoutable pour l’audience…que dire ? Comment dire à l’artiste que sa chanson est nulle sans qu’il se mette à pleurer et se jette par la fenêtre avec sa guitare ?

Le verdict arrive. « Non, elle est sympa, ta chanson…mais bon, ça sera pas un tube… »

Ma sœur est géniale. J’habite au premier étage, le pire qui puisse m’arriver est de me casser une jambe sur le gazon. Mais bon, la grand-mère du dessous risquait d’avoir une crise cardiaque en me voyant passer devant se fenêtre…alors je n’ai pas sauté. Une bonne critique est un instrument formidable pour la qualité d'une chanson et l'égo du chanteur.

Les enregistrements continuent donc, et la composition aussi. Je pensais en avoir terminé pour ce CD mais je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas encore assez de chansons à mon goût. Récemment, j’ai composé deux chansons que je ne pensais pas utiliser pour l’album, mais qui vont finalement y être incluses.

Cela faisait un moment que je n’avais pas écrit de nouvelle chanson. L’inspiration est un processus mystérieux, je me demande toujours si c’est une sorte de fontaine qui peut tarir )à tout moment. Jusque-là, la plupart des chansons sont nées de manière plus ou moins spontanée. Une idée me trotte dans la tête, une phrase vient avec une mélodie, et je peux commencer à travailler. Mais avec le temps j’essaie d’être moins dépendant de cette forme d’inspiration, en m’astreignant à l’exercice de composer sur des thèmes imposés.

L’une de ces deux chansons est née lors de la préparation d’un culte, dans mon église. C’était mon tour sur le planning d’interpréter une méditation musicale après la prédication, donc j’en ai demandé le thème au prédicateur, et j’ai tenté d’écrire une chanson en rapport avec ce thème. Ce n’était pas facile…j’y ai travaillé toute la soirée précédente (procrastination quand tu nous tiens…), et le lendemain, alors que le prédicateur parlait, j’étais encore derrière le rideau à essayer de trouver la deuxième strophe et le bridge. Pourquoi je m’embarque toujours dans des plans foireux ? Finalement j’ai terminé la chanson, et je l’ai interprétée juste après, avec un plantage magistral parce que j’avais tellement mal écrit les paroles sur la feuille que je n’arrivais pas à me relire. J’avais trèèès honte, d’autant plus que c’était filmé…Mais le plus drôle de l’histoire, c’est qu’au final j’ai bien aimé la chanson, alors elle fera partie du nouveau CD.

L’un de mes modèles de compositeurs folk s’appelle Jon Foreman. C’est le leader du groupe Switchfoot. Récemment, il a sorti un projet personnel, rassemblé dans 4 CD : été, printemps, hiver, automne. Très différents musicalement de Switchfoot, dans un style plus folk, ces morceaux sont un trésor d’invention, d’originalité et de profondeur. J’ai récemment trouvé une interview de Jon Foreman sur internet (voir la vidéo plus bas) dans laquelle il explique que, de temps en temps, il s’astreint à l’exercice d’écrire une chanson par jour pendant un mois. J’ai trouvé ça intéressant parce que cela montre que la composition n’est pas nécessairement une question d’ « inspiration », au sens où certaines personnes chanceuses recevraient des chansons qui tombent de nulle part. C’est aussi une question de recherche, de réflexion, d’interrogation, de cœur, une question de travail…

Voici comment il définit ce processus (dans la vidéo, c’est à la minute 10:00) : « Une des meilleures métaphores que j’ai trouvé, c’est de comparer ça à une huitre, avec un grain de sable dedans, et vous luttez avec ça. Parfois vous arrivez à en faire une perle et vous pouvez vous en débarrasser, et sentir que vous en êtes libres ».

J’aime cette image de quelque chose qui est en travail en nous et qui donne naissance à autre chose. Pour certain, ça donne naissance à une chanson, pour d’autres à un poème, ou une peinture, une photo, un livre, une recette de cuisine, une décision de faire de l’humanitaire, une bonne conversation avec un ami, bref, les possibilités créatives sont infinies. Et vous, à quoi ce grain de sable donne-t-il naissance ? J’attends vos commentaires !

Maintenant une semaine chargée s’annonce, aujourd’hui j’enregistre et je fais des partitions, de dimanche à mardi on va enregistrer les cordes (il me manque encore deux violons - message subliminal - je paie le train à ceux qui veulent venir jouer), mercredi je pars pour Paris pour la contrebasse, et vendredi je serai de retour pour monter tout ça…bref, une semaine formidable en perspective, que je raconterai la prochaine fois…



It is a frightening moment when the time comes to sing a recently written song for the first time in front of people. The artist carefully tries to read the faces while he sings…then, at the final chord, he prepares himself for deliverance or for death penalty. The artist is almost fainting. Hard job for the audience…what should be said? How should one tell the artist that his song is just very bad without him starting to cry and throwing himself outside the window with his guitar?

Verdict falls. “Well, your song is nice…but hey, it will not be a hit”.
I love my sister. My flat is at the first level, the worst that can happen to me is to brake my leg on the grass. But grand-Ma downstairs could have a heart attack if she saw me through the window…I did not jump. Good criticism is a wonderful tool to enhance both the song and the singer's humility.

Recordings are going on, and so does song writing. I thought I had finished composing for this album but I realised I wanted more songs. I recently wrote two songs I did not thing I would use for the album, but they will finally be part of it.

I had not written new songs lately. Inspiration is a mysterious process. I always wonder whether it is like a fountain that can run dry anytime. Until now most of my songs have been written by a more or less spontaneous way. One idea comes in my mind, followed by a melody with a sentence, and then I can start working it out. But I try to rely less on this form of inspiration. In order to achieve this goal, I force myself to compose on themes or things I would not spontaneously think about.

One of the two last songs I wrote was born with a worship service, in my church. According to the planning I was the one to play a meditation after the sermon. So I asked the theme of the sermon to the preacher, and I tried to write a song that could be in line with his message. It was not easy. I worked for the whole previous evening (procrastination again), and while the preacher was already speaking, I was still behind the curtain, struggling to find a second chorus and a bridge. Why do I always put myself in such stressful situations? Finally I finished the song, which I performed right away. But my handwriting was so bad on the sheet of paper that I stumbled on many words. I was sooo ashamed…But the funniest part of the story is that I realised I liked this song, so it will be part of the new CD.

One of my models of compositor is called Jon Foreman. He’s the leader of the Switchfoot band. Recently he recorded a personal project packed into 4 albums: Summer, Spring, Winter and Fall. It is musically very different from Switchfoot, with a more folk sound. These songs are to me an innovative, original and deep treasure. I recently found an interview of Jon Foreman on internet (see video above) where he explains that, from time to time, he forces himself to exercise composing by writing one song a day for one month. I found this very interesting, because it shows that composing is not necessarily a question of mere “inspiration”, meaning that certain lucky people receive songs falling from nowhere. Writing songs is a process where one searches, thinks, wonders, in short, works.

Here is how he defines how a song is born:
“One of the best metaphors I have come up with is it’s like an oyster, with a grain of sand in it, and you wrestle with it. Sometimes you come up with a purl and you can get rid of it, and feel like you’ve gone through it”

I like this picture of something that is working within us and which gives birth to something else. For some people, it results in a song, but for others it becomes a poem, a painting, a picture, a book, a recipe, a decision to do humanitarian work, a good conversation with a friend, endless creative possibilities! What about you? What does this grain of sand within produces? I am waiting for you comments !

Now a busy week is waiting for me. Today I record and I write scores, then from Sunday to Monday I will record the strings, on Wednesday I go to Paris for the double bass, and Friday I’ll be back to edit all this…in short, I foresee a wonderful week, which I will tell about next time. See you soon!

mardi 11 août 2009

Enregistrement toujours... / Still recording...

(English version below)

A mon tour de suer sous la Cabane…mon petit frère préféré était en vacance à la maison, alors je l’ai embauché. A lui d’appuyer sur le bouton « Rec » pendant que je lutte sous la Cabane. Devoir gérer à la fois l’instrument et l’ordinateur n’est pas très pratique, donc son aide m’a été vraiment précieuse. Et puis la majeure partie du travail est assez solitaire et fastidieuse, donc c’était une chance de pouvoir faire un bout du chemin avec Mat. Les enregistrements continuent donc.

En ce mois d’Août, les choses s’emballent. Le compte à rebours continue à rapprocher la date où le CD doit être fini. Les vacances étant bientôt finies, un certain nombre de personnes qui interviendront sur le CD ne seront bientôt plus aussi libres, il faut donc réussir à faire les enregistrements avant la fin du mois. Je vais monter sur Paris pendant la dernière semaine d’Août pour enregistrer la contrebasse de mon ami Luma, et peut-être ajouter les voix d’une chorale gospel si j’en trouve une d’ici-là. Là-dessus s’ajoute l’ensemble de cordes (violons, violoncelles) que je suis en train de former avec des jeunes du coin. Tout ça représente un vrai casse-tête parce qu’il faut trouver des dates qui conviennent à tout le monde, continuer à enregistrer pour qu’ils aient une bonne base sur laquelle jouer, composer les arrangements et les mettre en partition, bref, c’est une vraie course contre la montre.

J’avoue que c’est stressant, mais, pour le grand procrastinateur que je suis, des dates-limites sont finalement très utiles ! Quand on n’a plus le choix, on n’a plus le choix…(dixit Confucius). Le stress est donc compensé par la joie de voir les choses avancer…


It’s my turn to sweat in the Shelter…my favourite (and only) younger brother was on vacation here, so I hired him. He was the one to push the “Rec” button while I struggled with my guitar. It is not very convenient to have to deal with both the computer and the guitar at the same time, so his help was very precious to me. Given most of the work is quite solitary and arduous, it was a real blessing to be able to do part of it with Mat. So the recordings progress…

In this month of August, things are getting serious. The countdown keeps on getting the CD release date closer and closer. Summer vacations are almost over, so a certain number of people I would like to have playing on the CD will soon not be as free as now, therefore I have to do that with them before the end of the month. On the last week of August I will go to Paris to record the double-bass played by my friend Luma, and maybe a gospel choir if I can find one. Additionally, I am forming an ensemble of strings (violin, cello) with youth of the area. All of this gives me a lot of headaches because there are a lot of things to do: I have to find a date when everybody is free, while keeping on recording in order them to have a good basis to play on, composing the arrangements and writing the scores…I feel as if I was running a race.

I admit it is a pretty stressful time, but deadlines are very useful for a procrastinater like me! When I don’t have the choice, I don’t have the choice (cf. Confucius). Therefore stress is compensated by the joy of seeing more work being done.

vendredi 24 juillet 2009

Slide-guitar



(English version below)

Avec l’été, les soirées et les week-ends sont moins pris, donc je peux me consacrer aux enregistrements à un rythme plus soutenu. Après la journée de travail, quand j’arrive à la maison, je me mets devant l’ordi et roule !

Ces derniers temps, j’ai travaillé sur des accompagnements orchestraux pour certaines chansons. D’abord j’essaie différentes mélodies avec des sons d’ordinateur, puis je fais des partitions en vue des enregistrements avec les « vrais » instruments. Au programme : violons, violoncelle, flûte, clarinette, et basson. J’ai aussi fait une maquette pour la chanson « Les vieux » que je transmettrai à l’accordéoniste qui viendra bientôt jouer, il faut encore que je le recontacte.

Aujourd’hui, j’avais congé, donc j’ai pu y consacrer la journée. C’était l’enregistrement de la « slide-guitar », une manière particulière de jouer de la guitare avec un « bottle-neck », un petit tube en verre posé sur les cordes. Ce jeu est très répandu dans le bluegrass et la country. Il y a plusieurs manières d’y jouer. Certains, comme le célèbre Jerry Douglas la jouent en position couchée. Une autre technique consiste à y jouer avec la position standard, mais en utilisant les doigts posés derrière le bottle-neck.

Cette technique s’utilise notamment sur le Dobro. C’est une guitare dont la caisse contient un résonateur en métal qui permet d’augmenter la puissance du son, sans électricité.

Mon musicien de la journée s’appelle Marc Athlan. Je l’avais rencontré dans une école de musique où il donnait des cours, et j’avais été impressionné par sa dextérité. L’intérêt pour moi d’inviter des musiciens particuliers à jouer sur l’album est multiple. Non seulement ils peuvent apporter leur savoir-faire, mais aussi leurs idées. Quand je compose une chanson, j’ai souvent une idée très précise de ce à quoi elle doit ressembler. Pourtant, cela m’intéresse d’entendre ce que d’autres peuvent proposer, j’y trouve des perles auxquelles je n’aurais pas pensé tout seul.

Marc a donc passé la journée dans la Cabane…j’avoue que c’était reposant, pour une fois, de n’avoir qu’à appuyer sur le bouton « enregistrer » ! C’était lui qui souffrait devant le micro, héhé…! Il me reste encore beaucoup de travail pour exploiter ce que nous avons enregistré aujourd’hui (rien que pour une chanson, on a fait 24 pistes que je dois découper et monter pour les réduire à 3). Mais j’étais très heureux de ce qu’il a apporté !

La somme de travail qui reste est colossale, c’est un vrai travail de fourmi. Si je pense à tout ce qui reste à faire, je me sens vite submergé par le découragement. Alors j’essaie de penser à chaque pas. Comme dans une randonnée, même si l’on sait qu’il reste encore quelques milliers de pas à faire, chaque mètre parcouru n’est plus à parcourir. Chaque pas, chaque étape, peut donc être célébré.

Alors ce soir, je célèbre ! L’enregistrement de la slide-guitar, c’est fait !

A suivre…

Le slide se joue avec un tube en verre posé sur les cordes, avec les doigts posés derrière // One plays slide with a glass tube (bottle-neck) sliding on the strings, with fingers behind.
DobroMark au travail dans la Cabane // Mark working in the Shelter

With the summer, I am less busy in evenings and week-ends, so I can dedicate more time to the recordings. When I come back from work, I go to the desk, I sit in front of the computer and I go for it!

Lately I’ve worked on orchestral parts for some of the album songs. I usually first try different melodies with the computer’s sounds, then I create scores for the recordings with the “real” instruments. There will be violins, a cello, a clarinet and a bassoon. I also did a temporary recording for the song “les vieux” (Old People), which I will send to the accordionist who is soon going to come, I still have to contact him.

Today, I was on holiday, so I could spend the whole day recording the “slide-guitar”. It is a special way of playing the guitar with a “bottle-neck”, a small tube of glass sliding on the strings. It is a way of playing very common in bluegrass and country. There are several ways of playing with a bottle neck. For example, the famous Jerry Douglas plays with the guitar lying in front of him. But one can also play it with the standard position, using the fingers behind the bottle neck.

This technique is especially used with the Dobro. It is a guitar with a metal body called resonator. It allows to have a louder sound without electricity.

My musician of today was called Marc Athlan. I met him in a music school where he was a teacher, and I had been impressed by his dexterity. The interest for me to invite specialized musicians to play on the album is multiple. Not only they bring their technique and their know-how, but also their ideas. When I compose a song, I usually have a very precise idea of what it should sound like. However, I am interested to hear what other people can bring, I often find gems I could not have created by myself.

So Marc spent the day in the Shelter. I admit it was quite nice, for once, not to be the one sweating in front of the mic! I only had to press “Rec”. I still have a lot of work to be able to use what we recorded today (only for one song, we did 24 tracks that I have to edit and reduce to 3). But I was very happy with the result!

The sum of remaining work is huge, it is a long, arduous job. If I think about everything that is left do to, I very quickly feel overwhelmed by discouragement. So I try to focus on each single step. When we go for a trek, even if we know that a thousand steps are still to come, every step forward is a part of the final victory. Therefore each step can be celebrated.

So tonight, I celebrate! The recording of the slide-guitar is done!

To be continued…

lundi 13 juillet 2009

Une ancienne nouvelle chanson / Brave new song



Suite à beaucoup de demandes, j’ai fini l’arrangement de ma version de l’hymne « Vous qui sur la terre habitez ». Vous trouverez le fichier mp3, les paroles avec les accords et la partition à cette adresse.

Voici l’histoire de cette chanson.

Une chanson, c’est comme une vie. Comme l’existence d’un enfant ne s’arrête pas à la mort de ses parents, une chanson survit à son compositeur aussi longtemps qu’il se trouvera quelqu’un pour la chanter.

Cette chanson-là remonte à la nuit des temps. Composée plusieurs siècles avant Jésus-Christ, on en a perdu la mélodie originale, mais ses paroles nous sont parvenues par l’aventure extraordinaire de la transmission biblique, au Psaume 100. Mille ans peut-être après sa naissance, un poète, Clément Marot et un pasteur, Théodore de Bèze, décidèrent de faire un recueil de chants avec les Psaumes. C’est ainsi qu’avec l’aide du musicien Louis Bourgeois naquit le chant « Vous qui sur la terre habitez », vers 1550. Mais l’illustre histoire de cette chanson n’était pas terminée…

Il y a quelques années, nous devions avoir notre rassemblement annuel des animateurs du sud de la France, « Réflexion-Action ». Pour l’occasion, le responsable de l’époque (Gaby Sampério) m’a demandé quelque chose de particulier. Il m’a raconté que dans son enfance, au Maroc, il avait été traumatisé par un vieil hymne dans son église, et cela pour une raison simple : il était chanté systématiquement, toutes les semaines, au début et à la fin du culte. Donc pour l’occasion il m’a demandé si je pouvais faire un « remix thérapeutique » pour le guérir.

Je me suis donc penché sur le vieil hymne...Il est composé de 4 strophes. J’ai donc pris les deux premières strophes pour faire un couplet. Puis l’idée m’est venue de faire comme avec le canon à 4 voix « He has done marvelous things ». Le principe est simple : Une phrase par voix, facile à apprendre, qui est répétée jusqu’à ce que les 4 voix (soprane, alto, ténor, basse) soient superposées. Donc j’ai pris les paroles de la 3e strophe pour faire un refrain à 4 voix. La 4e strophe faisait naturellement office de deuxième couplet.

Le résultat avec les animateurs s’est révélé enthousiasmant ! J’ai reçu beaucoup de demandes d’enregistrements et de partition…Alors l’année suivante, on a fait une tentative d’enregistrement lors de la même rencontre, mais ce n’était pas exploitable. Il y avait eu des fausses notes, pas de tempo régulier, donc impossible d’en faire grand-chose en studio. Les choses en sont restées là jusqu’à ce se présente une autre possibilité de l’enregistrer, à la fête JA de Montluçon. J’osais à peine imaginer ce que pourrait donner une chorale de 700 voix…

Après l’avoir chanté une première fois au début de la rencontre, je me suis dit : « allez, on ose ! ». Le lendemain matin, je devais diriger le temps de louange seul à la guitare pour palier à la défection d’un des groupes prévus. La difficulté serait multiple. Intégrer l’enregistrement au temps de louange (donc on ne pourrait le chanter qu’une seule fois), et faire que les jeunes chantent avec le bon tempo sans que l’on n’entende trop ni ma guitare ni ma voix. J’aurais pour ma part des écouteurs branchés à un lecteur mp3 pour avoir le bon tempo dans les oreilles.

Lorsque j’ai proposé ce défi, tout le monde a suivi avec enthousiasme. Alors on l’a fait. A la note finale, l’écho de 700 voix résonnait encore dans la salle. Nous avons tous éclaté en applaudissement. Des cœurs en accord…ça ressemble au ciel.

Je suis donc retourné avec l’enregistrement à la maison pour me rendre compte que les deux premières strophes et une partie du premier refrain manquaient. Trahi par l’informatique !!!! Heureusement, le reste était là. Ouf ! J’ai donc enregistré les instruments (guitare, batterie, synthés, orchestre) en studio à la maison. Les voix additionnelles sont de Noémie Gonzalez et Laure Dubois, Hans-Edouard Edmond est venu ajouter la basse, et Dolson Falau a fait le mixage.

Apprenez cette chanson, partagez-là, faites-en de nouvelles versions, et n'hésitez pas à laisser un commentaire pour raconter ça…La chanson millénaire continuera ainsi à témoigner du Créateur éternel…

OooooooooooooooooO

I received many requests for the scores and the music of a french hymn I did a new music for. You can find the mp3 file, chords and scores at this address.

Here is the story of the song.

A song is like one life. The existence of a child does not stop when his parents die, likewise a song continues to live after its composer as long as there will be someone to sing it.

This song is veeeery old. It was written several centuries before Christ. The original melody was lost, but the lyrics reached us thanks to the extraordinary adventure of biblical transmission, in the Psalm 100. One thousand years after the song was born, came a poet, Clement Marot, and a pastor called Theodore de Beze, who decided to create a hymn book with the Psalms. And this is how, with the help of a musician called Louis Bourgeois, the song “Vous qui sur la terre habitez” (All of you living on the earth) was born around 1550. But the story of this song was not finished yet…

A few yeas ago, I attended the annual southern France youth leaders meeting. The leader of the time (Gaby Samperio) came to me with a special request. He told me that when he was a child, in Morocco, he was traumatized by an old hymn at the church: it was systematically sung at the beginning and at the end of every single worship service. So he asked me if I could do a “therapy remix” of the song to heal him.

So I started working on the old hymn. It has 4 verses. So I took the 2 first verses to make a single one. Then I had the idea I could use the 3rd verse to make a 4 voices chorus like in the song “He has done marvellous things”. The principle is simple: you take a short sentence, easy to learn, and you repeat it until the 4 voices (soprano, alto, tenor, bass) sing it together. The 4th verse naturally became a second verse.

When we sang it together with the youth leaders, it was exciting! I received a lot of requests of recordings and scores of it…The following year, we made an attempt to record it with the youth leaders again, but the result was not good enough. The tempo was not regular enough, it was quite impossible to do anything with it afterwards. But then came an occasion to record it again at the youth festival in Montluçon. I could hardly imagine what this could become with a choir of 700 voices…

After singing it a first time at the beginning of the meeting, I thought, Yes, let’s do it! The following day, I had to lead worship alone with my guitar to replace a group that had cancelled its participation at the last minute. It would be a difficult challenge. I had to integrate the recording in the worship time, which meant we would only sing it once. We would have to sing with the right tempo without hearing my guitar or my voice too much in the recording. I put in-ear headphones plugged to an mp3 to have the right rhythm in the ears.

When I told the crowd about this idea, everybody was enthusiastic. So we did it. At the final chord, the echo of 700 voices was still bouncing on the walls. We all clapped with joy. It seemed we were in heaven.

I went back home with my computer, but I realized half of the song was missing. Can we trust a computer? Fortunately, the rest of the song was still there. So I recorded the instruments (guitar, drums, synths, and the orchestra) in my studio. Additional voices were sung by Noemie Gonzalez and Laure Dubois. Hans-Edouard Edmond played the bass. Dolson Falau made the final mix.

Learn this song, share it, make new versions of it, leave a message to tell your experience with it…the old song will keep on giving glory to the Eternal Creator…

vendredi 15 mai 2009

Pire que la grippe porcine / Worse than Swine Flu

(english version below)

Cela fait maintenant 2 ou 3 semaines que l’on entend quotidiennement des nouvelles sur la grippe aux noms multiples. On l’appelle grippe « mexicaine » (mais le Mexique a protesté), ou grippe « porcine » (mais les porcs ont protesté), ou encore grippe « A », ou « H1N1 ». Mais les médias oublient de parler d’une autre maladie qui est bien pire que cette grippe !

- Cet autre mal est très répandu, il peut même être contagieux, mais une grande partie de la population a des prédispositions génétiques et éducatives pour en être infecté.
- C’est un mal sournois, car souvent indécelable, même si ses effets sont puissants. On peut tout à fait passer des années à en souffrir sans savoir que ce mal en est la cause.
- Il est capable de vous réveiller au milieu de la nuit, de causer des insomnies répétées.
- Il agit sur l’humeur, causant stress, angoisses et dépressions.
- On peut en mourir, car il provoque surmenage, burn-out, et ulcères d’estomac.
- Lorsque ce mal est développé, il aboutit à une paralysie partielle ou totale.
- On n’a actuellement trouvé aucun médicament pour y faire face.

Mes amis, ce mal terrible est réel, il s’appelle…perfectionnisme !

Relisez les symptômes, et vous verrez que je n’affabule pas.
Le perfectionniste veut tout faire parfaitement. C’est sa qualité et son plus grand défaut. Car nous sommes tous imparfaits, mais le perfectionniste ne peut pas l’accepter.
Et donc le perfectionniste cultive l’esprit d’insatisfaction. Il n’est jamais satisfait de son travail, de lui-même, des autres. Mais surtout pas de lui-même.
Les compliments et les marques d’appréciation lui sont insupportables, ils ne font que lui rappeler combien ce qu’il a fait est en dessous de ce que cela devrait être.
Et le pire, c’est qu’il désire tellement faire quelque chose de parfait qu’il ne commencera que lorsqu’il sera convaincu qu’il y arrivera. Et donc le temps passe, il se prépare, encore, et encore, et cela peut durer indéfiniment. Il est même capable de laisser tomber s’il arrive à la conclusion que cela ne sera pas assez parfait. Sa devise : « Mieux vaut ne pas faire du tout que de faire imparfaitement. » Je l’ai dit, ce mal aboutit à la paralysie !

Il se trouve que je fais partie d’un des nombreux cas recensés de cette maladie. Mais dimanche dernier, je ne sais pas quel miracle, la maladie a brusquement reculé. Avec l’échéance de cet automne qui approche, j’ai brusquement décidé (alléluia !) que je ferais de mon mieux et que ça suffirait. Comme par hasard, j’ai passé toute la journée à enregistrer. Et le pire, c’est que j’ai été content du résultat. Pourquoi avais-je attendu si longtemps ? Oh, ce perfectionnisme, quelle plaie !

La société nous enseigne la loi de la jungle : si nous ne sommes pas les meilleurs, les plus performants, les plus plus plus, alors nous serons jetés à la poubelle. Jésus-Christ fait le contraire : il reçoit les imparfaits, les stressés, les ratés, même les perfectionnistes, et leur pardonne jusqu’à leur dureté envers eux-mêmes.

Alors je me détends, car encore une fois je me rends compte que je n’ai pas besoin d’être parfait pour être aimé. J’ai juste besoin de savoir que Dieu m’aime pour le devenir.

OoooooooooooooooooooooO

It has been 2 or 3 weeks that we hearing daily news about this multiple-named flu. Some call it “Mexican flu” (but Mexico protested), some call it “swine flu” (but the pigs protested), and some call it “A” or “H5N1”. But the media forgets to talk about another disease that is far more dangerous than this flu!

- This other disease is very common, it can even be contagious, but a good portion of the population is genetically programmed to be infected.
- It is a very cunning disease, because it often goes unnoticed, even if its effects are powerful. One can spend years suffering from this disease without knowing it is the cause of their
problems.
- It can wake you up in the middle of the night, and it can cause frequent insomnia. It has an impact on mood, causing stress, anguish and depression.
- One can die from it because it brings exhaustion, burn-outs and stomach ulcers.
When this disease is fully developed, you end up with partial or full inability to move.
- There currently seems to be no medication against it.

Friends, this terrible disease is very real, it is called…perfectionism!

Read the symptoms again, and you’ll see I am not just telling stories. Perfectionists want to do everything perfectly. It is their quality and their greatest weakness, because no one is perfect, but perfectionists refuse to accept this. So perfectionists cultivate a spirit of dissatisfaction. They are never satisfied with their work, themselves, or others. But they are especially dissatisfied with themselves.
Compliments and signs of appreciation are unbearable, because they only remind them of how far they are from what they should be.
The worst of all is that perfectionists’ desire of doing things perfectly is so strong that they will only begin doing things once they are convinced they can. So time flies, they get prepared again, again and again, and it can last forever. They can even give up if they think they will fail. Their motto is: “Better not to do something at all than doing it imperfectly”. As I already said: this disease can lead to disability!

I confess that I am part of this group. But last Sunday it seems that something happened. The disease suddenly stepped back. With the CD release date approaching, I decided (Hallelujah!) that I would give my best and it would have to be enough. Oddly enough, I spent the whole day recording. The worst thing is that I was even happy with the result! Why did I wait so long before doing this? Perfectionism is a real curse!

Society teaches us the survival of the fittest: if you are not the best, the most efficient, the most whatever, then you will be thrown into the bin. Jesus Christ does the contrary: he welcomes imperfect, stressed, failed people, and even perfectionists! He goes as far as forgiving them of how hard they’ve been with themselves.

So I try to relax and remember that I don’t need to be perfect to be loved. I just need to know I am loved by God to become perfect – even with all my imperfection.

lundi 6 avril 2009

Le clip vidéo / The Video clip

(English version below)

Dans un post précédent, j’avais parlé de projets dont je dirais plus s’ils se confirmaient. Etant donné que ça se met en place, je peux maintenant parler du clip vidéo.

Alors que je n’étais qu’un petit blanc promenait ses pieds nus sur les pistes de la brousse Camerounaise, mon grand-père avait ramené d’Europe tout un arsenal de matériel audio-visuel pour commencer des émissions de télévision là-bas. Papico (c’est comme ça qu’on l’appelait avec mes sœurs) m’a toujours fasciné de ce côté-là. Féru de technologies, il était constamment à la pointe de l’innovation. Dans les années 60, il avait monté un studio de radio à Yaoundé pour enregistrer des émissions diffusées chaque semaine sur la radio nationale. J’utilise encore aujourd’hui pour mes concerts l’un de ses micros, qui date donc des années 80. C’est dire s’il utilisait du bon matériel ! Lorsque la retraite est arrivée, plutôt que de s’installer dans leur pays natal (la Suisse), mes grands-parents sont retournés au Cameroun pour continuer à servir leur pays d’adoption en tant que missionnaires. C’est là que Papico avait eu ce projet d’émissions de télévision.

Après quelques années, la maladie a rattrapé mon grand-père qui a dû être rapatrié. Alors que je fouillais leurs cartons, je suis tombé sur la caverne d’Ali-Baba : caméras, banc de montage, câbles, lumières, micros, moniteurs, etc. Un matériel incroyable. Comme on n’avait pas la télévision dans notre petit village de brousse, j’ai décidé que je pouvais toujours en créer une. Et donc j’ai commencé à emporter la caméra partout où j’allais, restant parfois des heures à l’affut dans la forêt pour saisir tel ou tel animal. Ca a été le début d’une longue histoire d’amour avec la vidéo et le cinéma. A 14 ans j’avais réalisé un documentaire sur le Cameroun, que j’ai envoyé à mes grands-parents, et à 18 j’ai présenté en option au bac un film tourné avec l’aide de toute la famille. Au bout d’un moment, j’en étais venu à avoir une caméra à la place de l’œil, toujours à l’affut de décors, de scènes et de plans.

Après le bac j’ai tenté d’entrer dans une école de cinéma, et finalement je me suis retrouvé à étudier l’anglais, l’économie et le chinois à l’université. C’est une longue histoire…toujours est-il que le cinéma et la réalisation sont toujours restés une passion enfouie quelque part au fond de moi.

Alors que je préparais le projet du 2e CD, une idée de scénario m’est venue sur l’une des nouvelles chansons. En entendant la musique, j’ai vu un film défiler. En y réfléchissant bien, je me suis dit qu’un clip vidéo était une manière idéale de retrouver mon ancienne passion. De format court, lié à la musique, le clip vidéo permet de raconter des histoires de manière très dense et très schématique, et d’explorer des émotions directement à l’image. J’ai donc écrit le scénario, et un jour que j’étais avec un ami caméraman, je lui ai parlé du projet. Après avoir entendu la chanson, il a été emballé par le projet. Alors…c’est décidé, on le fait!

La suite dans le prochain post…

(images du court-métrage "Jérôme K. Jérôme Bloche, héros en voie de disparition", réalisé pour le bac)
(pictures of the short film I did for the end of high school)

In a previous post, I talked about some projects I would describe more if they were confirmed. Given it seems it is the case for this one, I can now talk about the video clip.

When I was just a little white boy walking bare feet on the paths of the Cameroonian bush, my grand-father had brought a complete video set to start television broadcasts there. Papico (this how we called him with my sisters) always fascinated me with this. As a fan of technology, he was always up-to-date. Back in the 60’s, he had created a recording studio in Yaoundé to create broadcasts on the air every week on the national radio. I still use one of his 20 years-old microphones in my concerts. This shows the quality of what he had! When he retired, instead of settling in their native country (Switzerland), my grandparents returned to their country of adoption to keep on serving there. This is when Papico had his project of television broadcasts.

After a few years, my grand-father became sick and he had to go back in Switzerland. As I was searching in their stuff, I came across the Ali-Baba treasure: video cameras, editing set, cables, lights, microphones, monitors, effects, etc. Incredibly valuable equipment. We did not have television in our small village, so I decided I could start one of my own. So I started bringing the camera along everywhere I went. Sometimes I stayed for hours on the lookout for animals. It was the beginning of a long love story with video and cinema. At the age of 14 I produced a documentary on Cameroon that I sent to my grand-parents. When I was 18 I produced a 20-mn fiction with my whole family as technicians and actors. There was a time when I was so passionate that I almost had a camera instead of my eyes.

After the end of high-school, I attempted to enter a cinema school, and I ended up studying English, economy and Chinese at the University. It is a long story…but cinema and film direction always remained a passion deep inside, even if did not have the occasion to exercise it.

As I was working on the recordings of the second CD, I had an idea of a scenario that could fit with one of the new songs. When I heard the music, I saw a film in my mind. After some time I gave it a second thought, and I realised a video clip would be a perfect way to exercise my old passion again. Because of its format, a video clip allows to tell stories in a very dense and schematic way. It is a powerful way to convey emotions through the screen. So I started writing the scenario, and one day, I told it to a friend of mine who is cameraman. When he heard the song and the story, he was very enthusiastic about the project. So it’s decided, we go for it!

More in the next post…