mercredi 30 janvier 2008

Money money...

(English version below)

Voilà, le budget est fait. Comment financer ça ? Pour le premier CD, je me suis beaucoup inquiété des finances. Comment allais-je trouver l’argent? Alors j’allais viser à la mesure de mes moyens. Ne pas trop espérer, pour ne pas être déçu.

Oh, homme de peu de foi !

Je dois continuellement apprendre à mettre en pratique cette parole de Jésus: « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » (Mat 6.25, 33) Oui, mettre les priorités au bon endroit, ne pas s’inquiéter, faire confiance !

Et par une amie j’ai été en mis contact avec quelqu’un qui voulait me lancer, et qui m’a proposé de me prêter l’argent, sans interêt. Une pure grâce. Je n’ai rien fait ni pour mériter ni pour recevoir cela. Ca a été l’encouragement dont j’avais besoin pour oser voir plus grand.

En même temps, grosse trouille. C’était une énorme somme d’argent (pour moi), et le contrat disait que j’avais deux ans pour le rembourser. Et si je me plantais ? Et si le CD ne se vendait pas ?

Oh, homme de peu de foi !

Ce qu’il y avait d’intéressant dans ce contrat, c’est qu’il aurait pu me donner cet argent au lieu d’un prêt. Il avait les moyens pour ça. Sur le moment, j’aurais préféré la première option ! Avec le recul, maintenant, je me rends compte que c’était très sage de sa part. Je n’aurais pas autant travaillé, ni autant développé ce projet si je n’avais rien eu à rembourser. Je lui en suis maintenant reconnaissant.

Le prêt a été remboursé grâce aux ventes des CD, et les bénéfices ont permis que j’aie besoin d’un prêt moins important pour ce deuxième album. En Novembre, je suis allé présenter le budget prévisionnel à mon mécène, et il m’a donné son accord. Le projet pouvait donc officiellement commencer.

Oh, homme qui apprend la foi…

OoooooooooooooooO

So the budget is done. How will I finance this? For the first CD, I worried a lot about money. I had started to think about this project in the measure of my means. My philosophy was: “Don’t expect too much, and you will not be disappointed too much.”

Oh, man of little faith!

I must continually learn the words of Jesus: “Therefore I say unto you, Take no thought for your life, what ye shall eat, or what ye shall drink; nor yet for your body, what ye shall put on. Is not the life more than meat, and the body than raiment? But seek ye first the kingdom of God, and his righteousness; and all these things shall be added unto you. ” (Mat 6.25,33). Yes, I must learn to have the right priorities, not to worry, trust !

Then a friend of mine got me in touch with a man who said he wanted to help me. He told me he was ready to lend me the money for the project. Pure grace. I was definitely not worthy of this, I had done nothing to receive this. It was the encouragement I needed to think bigger.

At the same time, I was still worried. It was big money for me, and the contract said I had two years to reimburse him. What if I failed? What if this CD was so bad that no one would buy it?

Oh, man of little faith!

What was interesting with this contract is that he could have given me this money instead of lending it. He is rich enough for that. I admit that at the beginning I preferred the first option! Now I realise that it was exactly the kind of pedagogy I needed. I would not have worked so much, I would not have developed the project this much if I did not have to refund this loan. Now I am very grateful for this wisdom he had.

Finally the loan was payed back thanks to the CD selling, and the profit allowed me to need a less important loan for the second album. In November, I went back to see my benefactor with the budget, and he agreed with it. The project could officially begin.

Oh, man who learns faith…

lundi 21 janvier 2008

Oser rêver (3) : le budget prévisionnel / Daring to dream (3) – the budget


(English version below)

Ca y est, c’est parti. J’ai posé deux semaine de congés en février pour commencer les enregistrements. En attendant, voici quelques éléments sur tout le travail de préparation effectué depuis septembre 2007.

Une fois que l’on a des chansons, et qu’elles peuvent former un album, vient le lancement du projet. Cela passe par quelque chose qui semble un petit peu barbare : le budget prévisionnel. En gros, « combien ça va coûter ? » Bien sûr, cela pourrait être une étape fastidieuse, ennuyeuse et éprouvante (aie aie aie, ça va coûter cher!!!!), mais ça se révèle en fait un des moments les plus jouissifs. Si, si.

Parce que c’est là que le rêve commence à prendre une forme de réalité. En Septembre dernier, je me suis donc posé un dimanche pour mettre tout ça à plat. Voilà comment ça se passe.

J’ai la liste des chanson devant moi. Je prends la première, je ferme les yeux, et j’essaie de l’imaginer, de l’écouter en mettant différents instruments dessus…« Essayons de mettre un piano…non…qu’est-ce qu’on pourrait mettre…et pourquoi pas un accordéon ? Oui ! Ca sonne bien…Ca ira bien avec le style que je cherche… » etc.
Là je me souviens de quelqu’un qui m’avait parlé d’un accordéoniste professionnel…je prends le téléphone, et je lui demande son contact. Puis j’appelle l’accordéoniste, et l’on discute, de ce que je veux faire, ce qu’il peut me proposer, combien de temps ça prendra, combien ça coûtera, etc. J’essaie de sentir si le courant passe. Quand je raccroche le téléphone, j’ai un accordéoniste pour cette chanson, avec le prix. Donc je mets ça sur ma feuille. La difficulté de ce travail, c’est plus la timidité…je me sent toujours tout petit face à des pros…

Ainsi petit à petit, instrument après instrument, contact après contact, coût après coût, le projet prend forme. C’est très excitant parce que ce n’est plus seulement du rêve, ou de l’imagination. Là on est dans le réel !

J’essaie de ne pas me poser encore trop de limites. Pas encore. D’abord le but, ensuite les moyens. Mais je commence déjà à réfléchir pour voir comment ça pourrait être moins cher…

OooooooooooooooooooooO

There it is. I just told my office I would be in vacations for the two first weeks of February. It is time to start recording. Until then, here are a few elements about all the preparatory work I’ve been doing since September 2007.

Once one has enough songs to form an album, comes the time to launch the project. The first stage may appear a bit barbarian: the preparatory budget. In short, it means : “how much will this cost?” Although this part of the project might appear hard to do, boring and even painful (ouch! this will be expensive!), it revealed itself to be one of the most joyful part of the work.

The reason is simple: it is delightful to see your dream being shaped into reality. So in last september, I sat down at my desk to look at that. Here is how it goes.

I have the list of songs in front of me. I take the first song, I close my eyes, and I try to imagine it, I listen to it in my head, trying different instruments on it…"Let’s try with a piano…no…what could be better for this song? Why not an accordion? Yes! It sounds right, it fits with the style I want for this song…” etc.
Then I remember of a friend who told me about a professional accordionist he knew. I pick up the phone, and I ask him if he has his number. Then I call the accordionist, and we discuss. I tell him about what I want to do, what he can offer me, how much time it is going to take, what the cost will be, etc. I try to see if I feel good with him. When I hang up the phone, I have an accordionist for this song, and a price. So I put this on my spreadsheet.
The hardest part of this work is actually...shyness, because I always feel very small in front of professionals…

So, little by little, instrument by instrument, contact by contact, cost by cost, the project is built.

Once again I try not to put too many limits. Not yet. First the goals, then the means. But I already start thinking about how I could make it cheaper…

mardi 8 janvier 2008

Bonne année 2008 / Happy New Year 2008

(English version below)

Toute tradition est en danger de perdre son sens quand elle devient une habitude. Celle des voeux pour la nouvelle année n'est pas une exception à cette règle.
Mais je trouve qu'il y a finalement quelque chose de très beau dans un "bonne année!". D'un seul coup les idéaux de bonheurs grands ou petits surgissent pour être portés et souhaité à l'autre. On jette au hasard des mots sur une année encore vierge, comme des coups de crayons aux couleurs vives sur une page encore blanche. Pour déjà imprimer une belle et bonne direction.

Dans le langage biblique, on appelle ça "bénir".

Alors, soyez bénis!

PS: suite à plusieurs demande je vais mettre en ligne un enregistrement sommaire de la chanson "Pour un peu moins de solitude", il faut juste que je l'envoie à la SACEM avant...

OooooooooooooooooooO

Every tradition is in danger of losing its signification when it becomes a habit. New year's greetings are no exception.
But I somehow find it beautiful to say "happy new year!". At once all ideals of happiness great and small come up to be poured out on the person in front. We throw words on a still empty year, as if we were starting to draw colors on a white page. It gives a direction we wish will be beautiful and good.

The biblical term for this is : "blessing".

So, be blessed!

PS: several people asked me if they could listen the song "For a little less loneliness", I'll put it online as soon as it is copywrited.

lundi 24 décembre 2007

Ecrire des chansons (3) - Noël / Writing songs (3) - Christmas


(English version below)

Vient le moment de la présentation...voici le bébé!

Pour un peu moins de solitude
(c) Gaël Cosendai, 06/12/2007

On est prêts à grimper jusque là-haut
On fait des tours et des navettes pour…
Tout cela pour…
On va chercher, et chercher encore
Fouiller la nuit, regarder plus loin pour…
Tout cela pour…
On est prêts à scruter le ciel
Avec des lunettes, des antennes
Attendant le chant d’une étoile
Un mot, un bruit, juste une voix

Pour un peu moins de solitude
Pour un peu moins de solitude

On est prêt à tout, prêt à bien trop
Même à se cogner s’il le faut pour…
Tout cela pour…
On perd la tête on donnerait tout
Prêt à rester sous le feu des poings pour
Tout cela pour…
On est prêt à dire c’est pas grave
A penser qu’il n’y aura que ça
En espérant que ça viendra
Un mot, un bruit, n’importe quoi

Pour un peu moins de solitude
Pour un peu moins de solitude

Quel est ce vide qui crie autant
Et qu’une foule ne peut pas combler ?
Quelle présence manque donc tant
Que le monde entier ne soit pas assez ?

Pour un peu moins de solitude…

On est le 24 Décembre.
Finalement, je me rends compte que Noël est la réponse à la question que ma chanson pose: sommes-nous seuls dans notre histoire?
Aussi incompréhensible que cela paraisse, Noël veut dire que Dieu a voulu vivre parmi nous, marcher avec nous, pleurer et rire avec nous. Le royaume des Cieux s'est approché de nous. Nous ne sommes pas seuls.

Joyeux Noël à tous...
OooooooooooooooooooooooooO

Ladies and gentlemen, here’s the baby (very bad english translation of the french song):

For a little less loneliness
(c) Gaël Cosendai, 06/12/2007

We are ready to climb up there
Ready to build towers and spaceships for…
All that for…
We go and seek, and seek again
We search the night, and look further for…
All that for…
We are ready to listen to the sky
With glasses and antennas
Waiting for a star’s song
A word, a noise, a voice at least

For a little less loneliness
For a little less loneliness

We are ready to do everything, far too much
Even to hit each other if necessary for…
All that for…
We lose our minds we give everything
We are ready to undergo the fire of fists
All that for…
We even say it’s ok
Thinking it’s all what’s available
Hoping it will come
A word, a noise, just something

For a little less loneliness
For a little less loneliness

What kind of emptiness can cry that much
And can be left unfulfilled by a huge crowd?
What presence do we miss so much
That the whole world is not enough?

For a little less loneliness
For a little less loneliness

Today is December 24.
I realize that Christmas is the very answer to the question of my song: are we alone in this story?
It may be hard to understand, but Christmas means that God desired to come and live among us, walk with us, cry and laugh with us. The kingdom of God came near. We are not alone anymore.

Merry Christmas to everyone…

mardi 11 décembre 2007

Composer des chansons (2) - Writing songs (2)


(english version below)

Voilà, j'ai donc une idée de chanson à développer, elle est dans l'ordi et sur un bout de papier, cela peut en rester là. Quelques fois, cela va plus loin...

2. Ecrire la chanson

En tant qu'homme, je ne saurai jamais vraiment ce que c'est que d'accoucher d'un bébé. Mais j'imagine ça comme ça:
- on sait que ça va prendre du temps.
- on sait que ça va faire mal.
- on n'a pas le choix, il faut passer par là si on veut que le bébé naisse (et il ne demande pas forcément notre avis).
- il vaut toujours mieux attendre le moment où c'est le moment, sauf complication.
- le moment que le bébé choisit n'est pas particulièrement celui qu'on aurait choisi soi-même.
- quel que soit l'amour de ceux qui vous entourent, ils ne comprendront jamais ce par quoi vous passez et ils ne peuvent pas le faire pour vous.
- la seule chose qui rend les points précédents supportable, c'est la perspective de faire connaissance avec le lutin qui vous a squatté pendant tout ce temps.

Quand le moment vient d'écrire la chanson, j'ai l'impression de vivre un bout d'échantillon de parcelle de ça. Chères mères, je vous rends hommage...

La plus grosse part de l'inspiration était dans la première étape. La deuxième, c'est du boulot, de la fatigue, de la sueur, et beaucoup de prise de tête.

Donc, suite de l'histoire, la situation typique: Jeudi dernier, j'arrive à la maison après une journée de boulot. Je n'ai envie de rien faire, je vais me caller devant la télé avec Marie-Louise (la personne agée du dessous). Quand je remonte il est 11h. L'heure de se coucher. L'heure que choisit bébé pour sortir, forcément. Vient une phrase, une mélodie, une idée. "Pour un peu moins de solitude..." Je prend ma guitare, j'allume l'ordi, j'essaie quelques phrase (pas trop fort). Heureusement que je suis tout seul, j'aurais honte qu'on entende ça...

Et le boulot commence.

Cette chanson, je ne veux pas la lâcher tant que ce n'est pas fini, je me bats, je bute, je sue, j'écris, j'efface, non, oui, ah? non, ça c'est nul...je vais chercher mon vieux dictionnaire de rimes, qu'est-ce qui rime avec "beau"? non, je vois pas vraiment comment je pourrais mettre "haricot" ou "asticot"...ah, c'est dommage, là c'est bien mais il manque une syllabe, ça va pas avec le rythme...oh la la, il est déjà 2h du mat, je suis crevé, mais je veux la finir cette chanson! Si je m'arrête là j'aurai sué pour rien, je continue, je m'acharne, bon, une strophe de faite, c'est pas mal mais ça veut rien dire...grrr...heureusement le refrain, c'est facile, il n'y a qu'une phrase...c'est fainéant mais bon, à cette heure là faut pas trop m'en demander...qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire dans la deuxième strophe? Oui, peut-être ça...etc.

Je hais le scrable et le jeu du dictionnaire. Surtout à 2h30 du matin.

Il est 3h du mat. J'arrête les hostilités...J'ai deux strophes, un refrain et un "pont" pour relancer le refrain. J'aime bien la mélodie, au moins j'aurai du plaisir à la chanter. Pour les paroles je suis sûr que ça pourrait être mieux formulé, mais bon, l'idée est là... Je vais choisir de l'accueillir telle quelle pour l'instant. Elle changera peut-être, comme un enfant qui grandit. Une nouvelle chanson est née. O joie, O félicité, yes!!!

Quand je me couche je sais que cette mélodie va me poursuivre dans mes rêves jusqu'au matin.

OooooooooooooooooooooO

There it is, I have an idea of a song to develop, it is in the computer and on a piece of paper, and it could stop there. Sometimes, it goes further…

2. Writing the song

As a male, I will never know what it’s like to give birth to a baby. But here’s how I picture it in my head:
- You know it’s going to take time
- You know it’s going to hurt
- You don’t have the choice, you have to go through this painful process if you want the baby to come out (and the baby does not necessarily ask you if you want him to do so)
- Unless there is complication, you better wait for the moment when it is time for it.
- The moment baby chooses is not necessarily the one you would have chosen yourself.
- No matter how much the people around love you, they will never understand what you are going through and they can’t do it for you.
- The only thing which makes all this bearable is the expectation of meeting the hobbit who invited himself there nine months ago.

When it is time to write the song, I have the feeling of experiencing a tiny little something of this. Dear mothers, I’m so impressed.

Most of the “inspiration” part of writing the song was in the first part of the process (the idea). The second in made of work, fatigue, sweat and headaches.

So here’s what happened next. Last Thursday, I come back home after a long day of work. I don’t feel like doing anything, so I go and watch TV with Marie-Louise (the old lady downstairs). When I am back it is 11 p.m. It’s time to go to sleep. So the baby inevitably decides it’s time to show up. A sentence starts to ring in my head, with a melody, and some ideas: “For a little less loneliness…” I take my guitar, switch the computer on, I try to sing a few phrases (not too loud). Fortunately, I am alone; I would be ashamed if someone heard that…

Travail begins.

I don’t want to let this song go until it is finished, I fight, I stumble, I sweat, I write, I cancel, no, yes, ah? No, this sentence is dumb…I get my old rhyme dictionary, what is a rhyme of “beautiful”? No, I don’t see how I could put “bull” somewhere…there we are…oh, no, a syllable is missing, I don’t have enough feet, it does not fit with the rhythm…oh la la, already 2 a.m., I am so exhausted, but I want to finish this song! If I stop there all this sweat will be in vain, so I go on, I persevere fiercely, well, there it comes, I have one verse, but it does not mean anything…grrrr! Ok, the chorus is done, there is only one sentence in it. It is lazy, I know, but come on, it is so late…what could I say in the second verse? Yes, maybe that, let’s see…

I hate scabble. Especially at 2:30 a.m.

It is 3:00 a.m. I stop fighting…I have two verses, one chorus and a bridge. I like the melody; at least it will help me feel like singing it. The words could certainly be better written, but the idea is there…I’ll welcome it like it is for the moment. It may change later, like a child grows up. A new song is born. Oh, yes!

When I go to bed I know that this melody is going to pursue me in my dreams until the morning.

lundi 10 décembre 2007

Composer des chansons (1) - Writing songs (1)


Pour faire un CD, il faut d'abord des chansons à enregistrer, ce qui paraît logique (beuh...). Ceci me donne l'occasion de réfléchir sur ce processus mystérieux: comment naît une chanson?

On me demande souvent si c'est d'abord la musique qui vient, ou alors les paroles...Et c’est difficile de répondre, parce qu'ils viennent souvent ensemble, c'est difficile de les séparer. Alors pour essayer de comprendre comment ça se passe, je vais prendre l'exemple de la dernière chanson que j’ai écrite, qui représente assez bien l’histoire de la composition d’une chanson.

1. Avoir une idée de départ

Il faut d'abord que j'aie quelque chose à dire, quelque chose qui vaille la peine, sinon la chanson ne sert à rien. Donc tout commence avec une idée. Une idée simple, une seule, que je peux résumer en une phrase, et que la chanson va développer. Cette idée vient souvent d'expériences, de remarques que je me fais sur la vie. Je suis toujours à l'affut de ces petites (ou grandes) prises de conscience qui peuvent donner naissance à une chanson.

La plupart du temps, une chanson, c'est fait pour être partagé, communiqué (cela arrive que je fasse des chansons juste pour moi, mais c’est plus rare).
Pour qu’une chanson soit « partageable », il faut donc:
- Que l'idée de la chanson me touche personnellement, pour qu'elle parle de quelque chose de vrai, de réel. Sinon je n'aurai pas envie de la partager, cela ne sera pas de moi.
- Que cette idée soit assez universelle pour que d'autres que moi s'y reconnaissent. Sinon elle n'est pas "partageable", ce n'est qu'un délire égocentrique.

Il y a deux semaines, j'ai assisté à une conférence sur l'astronomie. Le conférencier y décrivait notamment tous les moyens développés par les astronomes pour essayer de capter un message, un bruit, quelque chose venant de l'espace qui pourrait être le signe, ou mieux encore, un message provenant d'une vie extraterrestre. On crée des antennes immenses tournées vers les étoiles, on envoie des sondes sur Mars en espérant trouver de l'eau, on dépense des fortunes pour ces programmes. Je me suis demandé ce qui pouvait nous pousser à chercher ainsi une présence extérieure supplémentaire alors que nous sommes déjà 6 milliards d’individus sur la terre.

Plus tard dans la semaine, j’étais dans un bus, de retour de Genève. C’était tard, il faisait nuit, tout était silencieux, il n’y avait pratiquement personne. Le sentiment de solitude que je ressentais m’a donné une clé : peut-être que si nous cherchons ainsi une présence, quitte à regarder vers l’infini du ciel, c’est qu’il y a un manque en nous, quelle que soit la foule autour, un vide que seul un Autre pourrait remplir. Pas un humain, mais quelqu’un de différent, qui nous permettrait de savoir qui nous sommes en comparaison.

Puis une phrase vient, avec une mélodie, qui pourrait bien être la fin d’un refrain : « Pour un peu moins de solitude…». Mmmh…voilà qui pourrait bien être l’idée d’une chanson…

Arrivé à la maison, je prends un bout de papier, et j’écris : « on est prêts à … chercher le ciel…pour une peu moins de solitude… »

Le lendemain je recopie la phrase sur l'ordi et je l'enregistre dans le dossier "chansons inachevées". Le morceau de papier va maintenant rester là sur mon bureau jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose. Ce n’est pas encore une chanson, et ça ne le deviendra peut-être jamais. Les trois quarts des idées de chansons s’arrêtent là.

À suivre…

OoooooooooooooooooooooooooooooooooooooO

To make an album, you first need songs to record, which might be a logical thing to say (dough…). This gives me the opportunity to reflect on this mysterious process of giving birth to a song.

People often ask me about what comes first: music, or lyrics? But both so closely walk together that it is hard to answer. In order to understand how it happens, I’ll take the example of the last song I wrote. It is quite representative of the process of writing a song.

1. Having a basic idea

First you need to have something to say, something worth telling, otherwise the song is useless. So everything begins with an idea, one single, simple idea which can be summed up in one sentence. This is the idea that the song is going to talk about. This idea often comes out of experiences and things I notice about life. I am always looking for these little (or great) realization which could give birth to a song.

Most of the time, a song is made to be shared and communicated (it happens that I do songs only for me, but it is scarce).
What makes a song worthy of being shared?
- This idea of this song must touch me personally, so that it tells something true and real, otherwise I will not feel like sharing it, it will not be me.
- This idea must be universal enough for others to be able to relate to it. Otherwise this song is just an ego-centric delirium!

Two weeks ago, I attended a conference about astronomy. The speaker namely described all the programs developed to catch a message, a noise, something from space which could be the sign or even better a message from of an alien life. We create huge antennas directed towards the stars; we send spaceships on Mars hoping we’ll find some water; we spend fortunes for these programs. I wondered what inner motivation could drive us to look for such an additional presence whereas we are already 6 billions people on earth.

Later in the week, I was in a bus, coming back from Geneva. It was late, dark, everything was silent, and there was almost nobody in the bus. The feeling of loneliness I felt at that moment gave me some kind of a key: maybe that the reason why we look for such a presence, looking in the infinite of the universe, is that there is something missing within us, which a crowd can not fill. There seem to be some kind of an empty hole which only Someone Else could fill. This Someone must be not be human, because we need someone different enough from us to make us find our identity in comparison.

Then something started to sing in my head, a sentence, with a melody, which could be the end of a chorus: “for a little less loneliness”. Mmmh…this could be part of a new song!

When I arrived home I took a piece of paper, and I wrote: “We are ready to…search the sky…for a little less loneliness”.

One the next day I copied this sentence on my computer and saved the file in the folder “unfinished songs”. The piece of paper will stay on my desk until something happens. This idea is just an idea, it is not yet a song, and it will perhaps never be. Three quarters of ideas I write down stop at that stage.

To be continued…

lundi 3 décembre 2007

Oser rêver (2) – Daring to dream (2)


C’est un rêve que j’ai toujours eu. J’y avais renoncé pour le premier CD, alors je le tente pour le deuxième.

Je ne suis pas un grand musicien. J’ai seulement 3 ans de cours de piano et quelques années de solfège. Tout me dit de rester à jouer à la marelle dans mon coin et de regarder les grands de loin. Et pourtant…pourquoi pas ?

Encore une fois, avant de me dire « est-ce que je peux », il faut commencer par « est-ce que je veux » ? Et la réponse est oui !!! Donc maintenant je vais commencer à chercher les moyens de le tenter. Je n’aurai pas le regret de ne pas avoir essayé.

J’ai déjà cherché des contacts, fouillé sur internet, écris, reçu des devis. C’est de moins en moins irréalisable techniquement. Alors maintenant il faut je m’y mette, que j’ose essayer d’écrire des partitions…on verra !

Ah oui, j’oubliais : ce rêve c’est d’enregistrer un orchestre symphonique.

OoooooooooooooooooooO

It is a dream I always had. I gave it up for the first CD, so I will try for the second one.

I am not a great musician. I only have 3 years of piano lessons, and a few years of sol-fa. Everything tells me to stay in kindergarten and look big guys playing from afar. However…why should I?

Once again, before telling myself “can I ?”, I should start asking myself “do I want ?” And the answer is yes!!! So now I am looking for ways to try it. I won’t have any regret not to have tried.

I already looked for contacts, searched the internet, written, received estimates. It is less and less technically impossible. So now I have to go for it, to dare trying to write scores…let’s see!

By the way, I had forgotten to tell you: my dream is to record a symphonic orchestra.