mercredi 20 janvier 2010

Nos liens (5) - avec l'autre / Our Bonds (5) - with others




Le travail continue, j’ai livré une autre chanson au mixage ce week-end. Il n’y a pas grand-chose à raconter ni à montrer en ce moment, le travail est essentiellement informatique. Mais je commence à ressentir les picotements de la liberté…Je n’ose pas encore l’imaginer, mais bientôt, ces trois années de travail vont arriver à leur achèvement…yessss !

Allez, aujourd’hui on continue la réflexion sur les liens qui a nourri les chansons du CD. N'hésitez pas à partager vos pensées et vos réactions.
On a donc parlé de dilemme, et de relation avec soi-même. Voilà donc quelques idées sur la relation avec l'autre

Il y a quelques années, j’ai découvert un livre qui m’a ouvert à une autre vision des relations. Jusque-là j’étais coincé dans ce choix impossible dont j’ai déjà parlé : soit je devais sacrifier l’autre pour me préserver, soit je devais me sacrifier pour être avec l’autre et ne plus être seul, mais alors j’avais peur de disparaître. C’est là que j’ai découvert que ce n’était pas une fatalité. Voici un extrait du livre :

« Nous avons pris l’habitude sécurisante de tout formuler en noir et blanc, en positif et négatif. C’est juste ou ce n’est pas juste, on a tort ou raison, avec des variantes subtiles : on est intellectuel ou manuel, mathématicien ou artiste, père de famille responsable ou individu fantaisiste, voyageur ou casanier, etc. C’est le piège du système binaire. Comme si nous ne pouvions pas être à la fois un intellectuel brillant et un manuel efficace, un être responsable plein de fantaisie, être très classique dans certains domaines et très innovateur dans d’autres.
Comme si la réalité n’était pas toujours infiniment plus riche et colorée que nos pauvres petites catégories, que ces pauvres petits tiroirs dans lesquels nous essayons de la coincer parce que sa mouvance, sa diversité et sa vitalité chatoyante nous déconcerte et nous fait peur.
Nous pratiquons cette logique d’exclusion et de division basée sur « ou » ou sur « soit ». Nous jouons à « qui a tort, qui a raison ? », jeu tragique qui stigmatise tout ce qui nous divise plutôt que de valoriser ce qui nous rassemble. L’exemple le plus récurent est celui-ci : soit nous prenons soin des autres, soit nous prenons soin de nous-mêmes, avec la conséquence que soit nous nous coupons de nous-mêmes, soit nous nous coupons des autres. Comme si nous ne pouvions pas à la fois prendre soin des autres et prendre soin de nous-mêmes, être proches des autres sans cesser d’être proches de nous-mêmes. » (Thomas d’Asembourg, Cessez d’être gentils, soyez vrai !, Editions de l’Homme, 2001, p. 28).

Pour moi c’était une énorme découverte. Il y avait donc d’autres voies que ces dilemmes de relations. C’est difficile de résumer en quelques mots, mais en gros, la thèse de l’auteur est que nous fonctionnons avec différents éléments, symbolisés par des organes : Les trippes, le cœur, et la tête. Nos besoins (nos trippes) se manifestent par des sortes de signaux lumineux, appelés émotions (le cœur), qui indiquent s’ils sont remplis ou pas. Ces signaux sont alors interprétés par notre réflexion rationnelle (la tête) pour agir et y répondre.

Le problème vient du fait que nous sommes de très mauvais traducteurs de ces signaux. Donc nous avons tendance à communiquer seulement au niveau rationnel en ignorant les vrais raisons de nos raisonnements. Quand on comprend mieux nos besoins et les émotions qu’ils provoquent, on peut communiquer en étant complètement vrais et honnêtes, et on peut alors créer des solutions où personne n’a besoin de s’être sacrifié.

« Connais-toi toi-même », disait le philosophe. « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres », dit Jésus.

Donc pour moi aujourd’hui la question n’est plus de choisir entre avoir des liens ou ne pas en avoir, elle consiste à explorer quels liens je désire construire. Ainsi je n’ai plus besoin de choisir entre amour et liberté, je suis convaincu qu’il est possible d’être profondément attaché tout en étant profondément soi-même. Attaché parce que toujours en dialogue, en discussion, en négociation, en exploration de systèmes gagnant-gagnant qui permettent à chacun de s’y retrouver. Je suis libre et, librement, je choisis de m'attacher, d’être en lien. Plus besoin d’être sur la défensive, plus besoin d’être dans la peur. Je peux être ouvert, je peux m'abandonner à l’attachement, parce que je sais que je ne me perdrai pas. 


J’avoue, ça décrispe.





The work goes on, I delivered another song to the sound engineer this week-end. There is not much to tell currently because most of the work is only done on computer. But I start feeling the call of freedom…I don’t dare imagining it yet, but soon these three years of work will come to an end…Yesssss!!!

So today I will go on with the thoughts on our bonds, which have nourished the creation of the CD's songs. Please let me know of your thoughts and reactions. After talking about dilemmas and our bonds with ourselves, here are a few thoughts on our bonds with others.

A few years ago, a book opened my mind to a different vision of relationships. Until then I was stuck in the dilemma I already talked about: either I had to sacrifice other people to protect myself, or I had to sacrifice myself to be with others and not be alone anymore, but then I feared I would disappear. This book showed me it was not a fatality. Here is an extract from the book:

“We have the comfortable habit to describe things in black or right, in positive or negative. It is fair or unfair, one is right or wrong, with subtle variants: one is intellectual or laborer, mathematician or artist, responsible family man or foolish man, traveller or stay-at-home, etc. It is the trap of binary system. As if we could not be, at the same time, a brilliant intellectual or an efficient laborer, being very classic in some domains and innovative in some others.
It is as if reality was not infinitely richer and colourful than our poor little categories, these poor drawers which we try to put it because its diversity and power scare us.
We practice a logic of exclusion and division based on “ “either…or”. We play to the deadly game of “who’s right, who’s wrong”, which puts an emphasis on what separate us instead of giving value to what binds us. One of the most recurring example is this: either we take care of others, or we take care of ourselves, with the consequence that either we cut us from ourselves, or we cut ourselves from others. As we could not take care of others and ourselves at the same time, being close to others without ceasing to be close to ourselves.” (Thomas d’Asembourg, Cessez d’être gentils, soyez vrai !, Editions de l’HOmme, 2001, p. 28)

For me it was a huge discovery. There were other ways to explore than being stuck in my relationship dilemmas. Even if it is difficult to sum it up in so few words, the author says that we function with different parts of ourselves, symbolized by organs: Our tummy, our heart and our head. Our needs (the tummy) make themselves visible through emotions (our heart) like warning lights, showing if our needs where fulfilled or not. These signals are then interpreted by our rational reflection (symbolized by the head) to respond to it.

The problem comes from the fact that we are very poor interpreters of these signals sent by emotions, and therefore we tend to communicate only on the rational level while ignoring what often causes us to think a certain way. When we better understand our emotions and the needs they signal, we can be completely true and honest when we communicate. Then we can work out solutions where no one has to be sacrificed.

“Know yourself”, says the philosopher. “You will know the truth, and the truth shall set you free”, says Jesus.

So for me today I understand I don’t have to chose between being in relationship with other people or not. I can explore what sort of bonds I want to have with others. Then I don’t have to chose between love and freedom, I am convinced it is possible to be deeply attached while being deeply oneself and free at the same time. It is all in the dialogue, the discussion, the negotiation and the building of win-win systems allowing each other to be him or herself. We are free, and we freely chose to bind ourselves, to be in connection. I don’t need to be always scared and trapped in fear. I can abandon myself to be attached, because I know I will not lose myself.

I admit it is quite relaxing to know that.

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