vendredi 26 décembre 2008

Le Pudding de l’Espoir / The Pudding of Hope

(english version below)

La dernière fois, c’est le projet qui changeait d’orientation, maintenant c’est…le studio ! Deux heures d’installation avant de pouvoir commencer à enregistrer, c’est trop long. Donc je change de système ! Des nouvelles en images dès que c’est fini !

En attendant, avec cette fin d’année je me rends compte que ce blog était déjà là Noël dernier. Le temps passe si vite ! Cela m’a fait penser à une histoire. Dans mon précédent billet, j’ai dit : « un projet, c’est comme un pudding de Noël : plus c’est vieux plus c’est bon. » C’est l’occasion rêvée pour une petite explication.

Dans ma famille, le « Christmas pudding » est une tradition annuelle. Ce serait renier nos origines anglaises que d’y couper. Et donc, à chaque Noël, nous mangeons ce petit gâteau rempli de fruits confits, tout chaud du four, nappé (ou noyé, ça c’est plutôt mon goût) de « custard cream », une crème blanche à la vanille. Mmmh…Il y a quand même du bon d’avoir des racines anglaises. Même pour la cuisine. Si, si.

Lors d’une de ces cérémonies familiale, ma grand-mère nous a raconté une histoire. Au début de la Deuxième Guerre Mondiale, alors qu’il n’y avait pas encore de rationnement, sa mère avait confectionné un pudding de Noël. Même s’il contient de la farine, le pudding est essentiellement composé de fruits secs. Il faut généralement le préparer bien à l’avance, pour que les fruits se confisent. Pas besoin de conservateurs, le sucre dégagé par les fruits suffit à conserver le gâteau. Donc pas besoin de frigo non plus. C’est pour ça que j’ai toujours entendu que plus le pudding a de l’âge, meilleur il est. En France on dit ça du vin.

Puis la guerre a éclaté, et les bombardements sur Londres ont commencé. A chaque fois que les sirènes hurlaient, il fallait tout laisser en plan pour courir se réfugier dans l’abri au bout du jardin. A cause du blocus, toutes les pelouses et les jardins publics furent transformés en cultures de légumes et de céréales pour tenir le coup. Les Anglais ont montré beaucoup de courage et de solidarité pendant cette guerre. Ce furent de longues années hors du commun pour ma grand-mère, qui en gardé beaucoup de souvenirs.

Et un jour, après six années de guerre, vint le débarquement, et la capitulation. Ma grand-mère avait 15 ans, et la guerre était finie. Pour fêter l’évènement, mon arrière-grand-mère est alors allée chercher le pudding. Pendant toutes ces années, elle avait précieusement gardé le gâteau en prévision de ce jour. Cette gourmandise était le signe que les jours sombres étaient désormais passés. Ma grand-mère est encore vivante pour le raconter aujourd'hui, donc il faut bien admettre que ce vieux pudding ne les a pas tués.

Cette histoire reste en moi comme un symbole d’espérance. L’Espoir, c’est bon comme ce pudding, c’est frustrant de devoir attendre d’en profiter, et c’est gardé précieusement en prévision du jour où, enfin, ce que l’on espère devient réalité. On pourrait aussi l’appeler le pudding de la foi.

Donc même si j’aime la musique,
même si je suis tout fou et tout excité à chaque fois qu’on monte dans les voitures avec le groupe et qu’on part en voyage pour aller faire un concert,
même si je jubile à la naissance (souvent douloureuse) de chaque nouvelle chanson,
…tout cela n’aurait aucun goût si je ne portais en moi ce pudding de la victoire, cet espoir d’un monde meilleur, plus équitable et plus fraternel.

Cette année ne nous a pas forcément donné beaucoup de preuves d’améliorations, alors…Ne perdons pas l’espoir, gardons-le comme un bon vieux pudding…en prévision de la libération!

Joyeux Noël et Bonne Nouvelle Année! :)

OoooooooOoooooooO

Last time I wrote that the project was changing direction, now it is the case for…the studio ! Two hours of installation and plugging before being able to record is way too long. So I change the system. I’ll post news and pictures as soon as it is finished.

In the meantime, this end of year reminds me that this blog was already there last Christmas. It makes me think of a story. In my last post, I said that a project was “like a Christmas pudding – the older the better”. I thought this quote deserved an explanation. In my family, the “Christmas pudding” is a strong tradition. It would be unfair to our British origins if we did not do it. So, every time we celebrate Christmas we eat this little cake, full of dry fruits and glazed with custard cream (or preferably drowned into it). Yummy! There are advantages with having English roots. Even for food. No kidding!

In one of those family gatherings, grandma told us a story. At the beginning of the Second World War, when rationing was not yet imposed on food, her mother had cooked a Christmas pudding. Even if it contains flour, it is essentially made out of dry fruits. One must generally cook it quite in advance for the fruits to have time to crystallize. No conservative is needed, because the sugar from the fruits plays this role. It is not even necessary to put it in the fridge. This is why I always heard that the older the pudding, the better. In France we say that about wine.

When the War bursted out, air raids started bombing London. Every time my grandmother heard the air-raid sirens, she had to stop everything and run into the shelter at the bottom of the garden. Because of the blockade, gardens and parks were transformed into vegetables fields and cereal cultivations. My grandmother tells that English people showed much courage, dignity and solidarity during the war. These years are still vivid in her memory.

One day, after six years of war, came D-Day, and Germany’s capitulation. My grandmother was 15 and the War was finally over. To celebrate the event, my great-grandmother went and took the old Christmas pudding. During all these years, she had preciously kept the cake hidden somewhere in anticipation of this day. Eating this sweet Christmas pudding was the sign that the long dark days of war were over. My grandmother is still alive today to tell the story, so I have to witness the old pudding did not kill them.

I see a symbol of hope in this story. Hope tastes as good as a sweet cake, it frustrates you because you have to wait, and it is preciously kept until the day when, at last, what we hope for becomes reality. In that respect, one could also call it the "pudding of faith".

So even if I love music,
even if I’m completely crazy and excited when we get together in the cars with the band and we travel to perform a concert,
even if I’m delighted at every (however painful) birth of a new song,
…all this would have no taste if I did not bear this pudding of hope within me, believing in a better, more equal and friendlier world.

This year did not necessarily brought many proofs of progress, so…Let us not lose hope, may it be like a precious old good pudding…until freedom comes!

Merry Christ(mas) and Happy New Year! :)

dimanche 14 décembre 2008

L'Histoire Sans Parole / The Speechless Story

J'ai dû changer les mécaniques de ma guitare. Pour cela, il a fallu que je prenne la perceuse et que j'agrandisse des trous...l'angoisse!!! Voilà ce que cette expérience traumatisante peut causer. J'ai nommé: l'Histoire Sans Paroles.

OooooooooooooO

I needed to change my guitar's machine heads. To do so, I had to take a drill and widden the holes...argl!!! Here is what this traumatising experience can cause. Ladies and gentlemen: The Speechless Story.

OooooooooooooO

lundi 8 septembre 2008

Le blog est de retour! / the blog is back!

Seance de travail avec le groupe

(english version below)

Après un été de pause, le blog recommence! Pour l'instant les enregistrements sont aussi en pause à cause d'un emploi du temps trop chargé (concerts, camps, mariages...). Comme je ne peux y travailler que les week-end, ça restreint pas mal le temps.

C'est très très frustrant. Mais ça a un avantage: c'est comme un pudding de Noël - plus c'est vieux plus c'est bon. Si, si. Donc le temps permet d'affiner la chose. L'été m'a permis de laisser le projet s'affiner dans ma tête, et ça m'a donné des idées.

La première chose, c'est que le CD va changer d'orientation. J'aime penser les chansons d'un album comme un tout lié par un fil rouge. J'avais pensé l'appeler "Parabolic", parce que la plupart des chansons racontent des histoires que l'on peut comprendre de plusieurs façons. Mais je me suis rendu compte qu'il y avait un autre fil rouge bien plus évident. Toutes mes chansons parlent des liens, des relations, de l'amitié, de la solitude. En prenant du recul, c'est un thème bien plus cohérent avec les réflexions qui ont mené à ces chants.

Conséquence, des chansons sortent du projet et d'autres y rentrent. Je ne pensais pas y mettre ma nouvelle chanson, que j'ai renommé "Tout cela pour...", mais la réflexion sur le lien et la solitude en font naturellement le titre phare du CD. La pierre rejetée devient la principale :) .

Deuxièmement, et troisièmement, et…bref, l'affinage du CD a donné naissance à d'autres idées...des bonus...Mais je n'en dis pas plus pour l'instant. Il faut bien entretenir un certain suspense – et je veux être sûr que ça va se réaliser avant d’en parler.

Bref, plein d'idées la tête. Je me réjouis d'avance de m'y remettre!

OoooooooooooO

After the summer pause, the blog is back ! Recording are in standby because of an overloaded schedule (concerts, youth meetings…). Given I can work on the CD only in week-ends, my available time is short.

It is very frustrating. But it has its good side: it’s like a Christmas pudding – the older the better. No kidding. Time allows to mature things. The summer break gave me time to think about the project, and some ideas came up.

First, the CD’s direction changes. I like to think of an album as whole, and songs are linked to each other by a common theme. At first I thought I would call it “Parabolic” because most songs tell stories that can be understood in different ways. But considering all the songs, I realised there was a more obvious theme. All these songs talk about links, bonds, relationships, friendships, and loneliness. Taking a step back, this theme corresponds a lot better to the thoughts that led to the composing of these songs.

As a consequence, some songs leave the project and some others come into it. At first I did not plan to add my new song (“All of this for…”) to the album, but the reflections about relationships and loneliness naturally pushed it to become the main title of the CD. “The rejected stone became the main one” 

Secondly, and thirdly, and…well, the maturing of the CD gave birth to other ideas…bonuses…I don’t tell more for the moment. Here must be a reasonable amount of suspense – and I want to be sure these idea will come true before talking about them.

In short, there are plenty of ideas in the head. I am looking forward to recording again!

lundi 30 juin 2008

Albania


(English version below)

Il y a un mois, j'ai été invité à chanter en Albanie. C'était une expérience très forte en découvertes, en surprises et en partages. L'Albanie est un pays étonnant.
Pour le pays, j'y ai retrouvé un peu de la Corse: une étroite plaine coincée entre une côte de sable et les montagnes.
Pour la conduite en ville, j'y ai retrouvé l'Afrique: les feux rouges sont en option, passe celui qui s'impose le plus.
Pour les panneaux publicitaires, j'y ai trouvé la mondialisation en marche.
Et pour le reste, j'y ai trouvé l'Albanie. C'est un pays qui se reconstruit après l'une des dictatures les plus dures du communisme, et une quinzaine d'années de transition difficile. Mais depuis peu de temps, le pays se transforme complètement. Le gouvernement fait beaucoup d'effort pour se mettre aux normes européennes dans l'espoir d'entrer dans la Communauté. Et tout (presque) est neuf ou en construction. L'aéroport, les routes, les maisons.
Et puis, il y a les gens. Chaleureux, accueillants, et passionnés, comme dans le Sud.
Ah, oui. J'y ai aussi trouvé la famille Romain, celle qui m'a invité et accueilli. Comme le sont les familles missionnaires (j'en connais quelque chose), on y collectionne les langues, les cultures, les expériences, et les voyages. Sylvain est français, mais il a passé énormément de temps en Allemagne, où il a épousé une Croate, et leurs deux enfants Sophie et Silas ont grandi en Allemagne, en France et en Turquie. Ici, la terre semble soudain plus petite.

Cela me rappelle une phrase d’un livre où toutes les phrases commencent par : « Vous savez que vous êtes un enfant de missionnaire quand… »
Et la dernière phrase du livre, c’était :
« …quand le seul endroit que vous appelez "chez moi", c’est le ciel ».

Voilà, maintenant je sais où est l'Albanie / There it is, I know where Albania is now...

Tirana - avec le drapeau rouge de l'aigle à deux têtes de l'Alabanie / Tirana - with the red flag on which is printed the double-headed eagle of Albania.
La famille Romain - de gauche à droite, Silas, Liliana, Sophie et Sylvain

A month ago, I was invited to sing in Albania. It was a wonderful experience, full of discoveries, surprises and fellowship. Albania is a surprising country.
Concerning the landscape, I could find some of Corsica in it: a narrow plain stuck between beach and mountains.
Concerning driving in the city, I could find some of Africa in it: red lights are only optional, the stronger goes first.
Concerning advertisement, I could find globalization.
And for the rest, I could find Albania. It is rebuilding itself after one of the worst communist dictatorship and about 15 years of difficult transition. But recently the country transformed itself completely. The government makes a special effort in order to enter the European Union. And everything (almost) is either new or in construction. Airport, roads, houses.
And here comes Albanian people. Warm, welcoming, passionate like in southern France (or even Corsica).
Oh, yes, I also found a wonderful family there: the Romain, who invited me. Like it can be in missionary families (I know something about that), they collect languages cultures, experiences, and trips. Sylvain is French, but spent most of his time in Germany, where he got married to a Croatian woman, and their two children, Sophie and Silas grew up in Germany, France, and Turkey. Here the earth seems a lot smaller.

It reminds me of a sentence in a book where all phrases began by : “You know you are a missionary Kid when…”
And the last line in the book was :
“…when the only place you call home is heaven.”

jeudi 19 juin 2008

Faire sa part / Doing one's part

(english version below)

Récemment, comme (trop) souvent, je me suis posé beaucoup de questions existentielles, sur le sens de la vie, ce que nous devons faire ici. Quand je suis devant mon ordinateur au boulot à corriger des graphiques de cours de bourse, ou à faire de la musique dans une église ou dans un concert, je me demande si ce que je fais est bien utile. J'aimerais tellement ressembler à un Gandhi, un Martin Luther King, faire quelque chose qui vaille vraiment la peine. Face au monde, à l'immensité des besoins, on est souvent désorientés, on ne sait pas par où commencer, et l'on a le sentiment de tourner en rond, sans rien vraiment accomplir. Dans mes prières je posais ces questions à Dieu, je demandais "Que dois-je faire, que dois-je faire?"

Et puis hier j'ai vu le film"Good Morning Vietnam", avec Robin Williams. C'est l'histoire d'un animateur radio réputé pour son humour, qui est envoyé à Saïgon pour animer des émissions quotidiennes pour les soldats américains au combat. Sa liberté de ton et ses manières peu orthodoxes le mettent bientôt en difficultés face à la hiérarchie, au point qu'un jour il est suspendu de ses fonctions. Les soldats le réclament. Mais tout à sa colère et son sentiment d'inutilité, il refuse de continuer. C'est là qu'un soldat qui l'accompagne (Forest Whitaker) essaie de le convaincre. Pris dans un embouteillage au milieu des camions remplis de soldats, il se lève et devant tout le monde dévoile l'identité de son passager: c'est lui, l'animateur radio qu'ils entendaient chaque jour. Ne pouvant plus se défiler, l'animateur improvise alors une émission debout sur sa jeep, au milieu des rires des soldats. Et là il comprends que ce qu'il fait n'est pas inutile. Au milieu d'une guerre injuste, qui envoie des milliers de jeunes se faire massacrer pour des intérêts politiques douteux, son humour leur permettent de ne pas sombrer dans la folie.

Et ça m'a parlé. Quelque part c'est comme si Dieu me disait: "Tu veux faire de grandes choses, alors commence par celles qui sont entre tes mains. Tu n'as pas un CD à finir? Un condamné à mort à qui tu dois écrire? une grand-mère solitaire avec qui tu dois aller regarder la télé? Ca, c'est ta part. Le reste m'appartient." Cette part peut être petite, insignifiante, on peut la mépriser, penser que ce n'est pas assez, qu'il faudrait faire autre chose, mais cela reste notre part. Et on a tous une part à faire, car, comme dit Michel Boujenah, personne n'est inutile.

Alors quelle est notre part? Un de mes amis a une définition du prochain que j'aime bien: "Le prochain, c'est la personne que tu croises sur ton chemin, et qui a besoin de toi." Si tu veux savoir ce que tu dois faire, prie, et regarde autour de toi. Sur ton chemin tu rencontreras des personnes, des associations, des situations, et alors tu sauras: si tu peux faire quelque chose, c'est là ta part, aussi dérisoire ou futile que ton action puisse te sembler. Non, personne n'est inutile. Alors...

Just do it!!!!


Recently I thought a lot about existential questions, the meaning of life, what we are here for. I (too) often ask these questions. When I am in front of my computer at the office, correcting stock exchange quotations charts, or when I sing at the church or in a concert, I wonder whether what I’m doing is very useful. I would desperately like to resemble Gandhi, or Martin Luther King, I’d like to do something really worth it. Facing the world, and it’s ocean of needs, we are just lost, we don’t know what to do, we are overwhelmed, and we feel frustrated because we don't know where to start. In my prayers I asked God: “What should I do?”

Last night I watched the film “Good Morning Vietnam”, with Robin Williams. It tells the story of a famous DJ, known for his humour, who is sent to Saigon to do radio programs for American soldiers. His unorthodox methods soon make his superiors very angry and one day, he'is suspended. Soldiers from all over Vietnam write to have him back. But he is so overwhelmed by his anger and his feeling of worthlessness that he refuses to resume. Then comes this scene where a soldier (Forest Whitaker) tries to convince him he should do it. Trapped in a traffic jam, surrounded by army trucks full of soldiers, he stands up in the car and tells everybody who is the guy sitting next to him: he’s the DJ they heard every day on the radio. Given he can’t escape any more, the DJ stands in the Jeep, and improvises a radio program in the middle of the soldiers’ laughs. There he understands that what he does is not useless. In the middle of an unjust war, which sends thousands of youth to massacre because of dubious political interests, his humour helps them not to become crazy.

I was deeply touched. Somehow I sensed that God was telling me: “You want to do great things, so begin with those you have in your hands. Don’t you have a CD to finish? Isn’t there a death row prisoner waiting for your letter? Isn’t the old lady downstairs waiting for you to come watch TV with her? This is you part. The rest is mine.” This part may seem tiny, insignificant, we can despise it, we can think it is not enough, we can think we should do something else, it remains our part and we should not discuss it. We all have this part of ours to do. As Michel Boujenah (a French humorist) says, no one is useless.

Then what is our part? One of my friend has a good definition of “thy neighbour”: “Your neighbour is the person you come to meet along your way, and who needs you.” If you want to know what you should do, pray, and look around you. You will meet a person, an association, situations, and you will know: If you can do something, there is your part, as trivial or unimportant it appears to you. No one is useless. So…

Just do it!

lundi 12 mai 2008

Ecrire une partition pour orchestre / Writting orchestra scores

(english version below)

Lui, c'est un de ceux qu'on appelle les vrais musiciens. Vous avez vu le coup de crayon? La musique passe directement de la tête au papier, sans passer par les oreilles (et à la fin de sa vie il ne pouvait même pas entendre le résultat puisqu'il était sourd). D'accord, à ce niveau là, la musique s'approche pas mal des mathématiques, mais bon, ça accouche quand même d'une série impressionnante de symphonies...Bref, c'est une manière d'écrire des partitions. Celle des musiciens.

Et puis, il y a les autres. Quand on n'a pas de joli crayon (et accessoirement le cerveau de Beethoven), on utilise l'outil génial des apprentis sorciers: l'ordinateur. Le principe: on joue sur un piano, et la partition s'affiche au fur et à mesure sur l'écran. C'est simple. Enfin, presque. Parce que jouer les 5 voix d'une partition pour cordes (Violons 1, Violons 2, Alti, Violoncelles et Contrebasses) alors qu'on n'a qu'une ébauche de musique dans la tête, ça ne marche pas du premier coup. Alors, quand on est apprenti sorcier, on tâtonne. On enregistre une idée avec le piano, puis on affiche toutes les notes, et on écoute en mettant des sons d'orchestre pour avoir une idée de ce à quoi cela peut ressembler. Puis on va dans la partition, et on joue au puzzle. Cette voix devrait aller plus haut pour faire la mélodie, mais alors l'accord n'est plus beau parce qu'il manque l'une des notes fondamentales, donc on en déplace d'autres, qui en déplacent d'autres, etc. Ca dure des jours.

Une fois que j'ai quelque chose qui ressemble à une partition, eh bien...je la ferai corriger par Beethoven (ou du moins par l'un de ses dignes représentants du conservatoire).

Et pour ma symphonie, je prendrai des cours avec Beethoven au ciel. Et avec Bach.


He is what we call a real musician (see the picture at the beginning). Have you seen the hand and the pencil? Music just flows from his head to the paper, without even going through the ears (and at the end of his life he could not even know what it sounded like because he was deaf). I admit that music at this level of competence is closer to mathematics, but hey, it gives birth to an impressive amount of symphonies…in short, THIS is how you write scores. At least for musicians.

Then comes the others. When you don’t have a nice pencil (and secondarily the brain of Beethoven), you use this wonderful tool for sorcerer’s apprentices: computer. Here’s the principle: you play on the piano, and the music writes itself into a score on the screen. It’s simple. Well, almost simple. Because when you must play the 5 voices of a string ensemble (Violins 1, Violins 2, Violas, Cellos and Double-Bass) and you only have a draft of a melody in your head, it does not work the first time, neither the second. So, when you are a sorcerer’s apprentice, you work by trial and error. You record some kind of an idea, then you display all the notes, you apply some sounds of an orchestra and you listen to it. Then you dive in the score, and you play puzzles. This voice should be higher because of the melody, but then the chord is not complete, so you move other notes, and then you have to move other notes, etc. It lasts forever.

Once I have something looking like a music score, well…I make it reviewed and corrected by Beethoven (or at least by one of his worthy representatives from the conservatory).

As for my symphony, I think I’ll take classes with Beethoven in heaven. Oh, with Bach as well.

jeudi 1 mai 2008

Concert à Castres / Concert in Castres

(English version below)

Il faut beau, la journée est calme, c'est lundi de Pentecôte et donc je suis en congé. Donc ça y est, je m'y remets enfin! Après plusieurs semaines trop remplies pour pouvoir y toucher, je peux recommencer à travailler sur le CD.

Aujourd'hui, je vais travailler à faire des partitions pour l'orchestre. Je ne sais pas encore exactement où interviendra l'orchestre, mais il devrait y avoir un ou deux morceaux instrumentaux, et peut-être des accompagnements pour certains chants. J'en dirai plus après.

En attendant, voilà quelques photos du concert de Castres. J'avais été invité pour un baptême d'Anaïs Camp et Mary Diancoff, elles m'avaient proposé d'improviser un petit concert pour l'occasion. Comme le groupe ne m'avait pas accompagné, je devais faire le concert tout seul. Or, dans le train (10h de trajet aller!), j'ai rencontré deux jeunes qui allaient aussi au baptême, Steeve et Clément. L'un avait sa guitare, l'autre ses doigts de pianiste et de djumbiste, et je leur ai proposé de jouer avec moi pour le concert.

Comme on avait 1h30 d'attente à la gare de Toulouse, on s'est installé sur un quai, on a sorti banjo, guitare, et shaker, et on a commencé à répéter. Peu de temps après, un groupe de policiers s'est approché de nous. J'avais peur qu'ils nous disent d'arrêter. En fait ils sont passés devant nous en disant: "C'est bien, continuez!" :)

On a continué à répéter dans le train, entre deux wagons (il fallait crier pour s'entendre!). Quand le contrôleur est passé, en contrôlant nos billet, il nous a regardé, et il a dit:"Hey, moi aussi, j'ai essayé de jouer de la guitare, mais je n'ai pas continué...ah, il faudrait que je m'y remette!"

C'est incroyable comme la musique crée des ponts là où il semble impossible qu'il en existe...





The wheather is beautiful, the day is quiet, today is pentecost and I have one day holiday! So there it is, I can resume the work! For several weeks I've been too busy to be able to do anything so now I can start working on the CD again.

Today, I'll work on writing scores for the orchestra. I don't know exactly yet where and when it will play, but there should be one or two instrumental pieces, and it should play on a few songs as well. More on that later.

Meanwhile, here are a few photos of the concert in Castres. I had been invited for the baptism of Anaïs Camp and Mary Diancoff, they had asked me to do a little concert for this special day. My group had not come, and I was going to perform alone. However, in the train (a 10h trip!), I met two young guys who where going there as well, named Steeve and Clement. One had his guitar, the other his pianist and percussionist hands, so I asked them if they would be ok to play with me for the concert.

We had to wait for 1h30 at Toulouse Station, so we sat on the platform, took the banjo, guitar and shaker out, and started rehearsing. A group of policemen came by, and I was afraid they would require us to stop. In fact, they looked at us and said: “well done, go on!”

We kept one rehearsing in the train, between two wagons (we had to shout to hear each other!). When the ticket collector saw us, he looked at our tickets and told us: “Hey, I had started learning guitar as well, but I gave up…ah, I should get back to it!”

I’m always amazed at how music creates bridges where it seems impossible to see any…